Pertes post-récolte : le Sénégal mise sur le stockage frigorifique pour valoriser sa production agricole

En visite à Diamniadio, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, a mis en lumière un défi majeur pour le secteur agricole : la réduction des pertes post-récolte. Un enjeu stratégique qui, selon lui, est désormais déterminant pour optimiser les performances enregistrées ces dernières années.

Au cours de cette visite, l’entreprise Lagifroid Agro SARL s’est illustrée comme un exemple de réussite. Financée entièrement par des capitaux privés, elle a investi dans des hangars frigorifiques d’une capacité de 10 000 tonnes, équipés de technologies modernes permettant une meilleure conservation des produits agricoles, notamment les fruits et légumes, souvent sujets à d’importantes pertes.

Dans cette dynamique, un projet d’extension est prévu à Sindia, avec la création d’une unité de fabrication de chambres froides d’une capacité de 1 000 tonnes, pour un investissement estimé à 300 millions de FCFA. Cette initiative s’inscrit dans une volonté de structuration de la chaîne de valeur agricole.

Malgré des résultats de production jugés satisfaisants — 250 000 tonnes de pommes de terre, 450 000 tonnes d’oignons, ainsi que d’importants volumes de cultures maraîchères — une part significative de ces récoltes continue d’être perdue chaque année. En cause : l’insuffisance d’infrastructures adaptées à la conservation, qui impacte directement les revenus des producteurs et réduit l’efficacité des investissements publics.

Face à cette situation, Mabouba Diagne a lancé un appel au secteur privé national, l’encourageant à investir massivement dans le stockage frigorifique. Il a souligné que l’exemple de Lagifroid Agro SARL démontre à la fois la rentabilité et l’importance stratégique de ce type d’infrastructures.

L’objectif affiché est de mobiliser au moins une centaine d’investisseurs sénégalais, chacun capable de développer une capacité de stockage de 1 000 tonnes. Ce modèle reposerait sur un financement mixte, combinant 30 % de fonds propres et 70 % de crédits bancaires.

Dans cette perspective, les autorités entendent créer un climat favorable à l’investissement. Sous l’impulsion du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko, des financements estimés entre 120 et 130 milliards de FCFA ont été mobilisés ces deux dernières années pour soutenir les producteurs et renforcer la souveraineté alimentaire.

L’État, en collaboration avec les ministères concernés et le secteur bancaire, se dit prêt à accompagner ces projets jugés essentiels. Au-delà de la production, désormais maîtrisée, les autorités insistent sur la nécessité de mieux conserver, transformer et valoriser les récoltes.

La réduction des pertes post-récolte apparaît ainsi comme une priorité nationale, appelant à une implication accrue du secteur privé pour bâtir des infrastructures capables de soutenir durablement le développement agricole du pays.

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