
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a accueilli, mardi à Washington, une rencontre inédite entre des représentants d’Israël et du Liban. Il s’agit des premiers pourparlers directs entre les deux pays depuis des décennies, alors qu’ils sont officiellement en état de guerre depuis 1948.
À l’issue de plus de deux heures d’échanges, les deux délégations ont évoqué des discussions « productives », sans toutefois annoncer d’accord concret ni de cadre de paix clairement défini. Dans un communiqué, le Département d’État des États-Unis a indiqué que les parties avaient convenu de poursuivre le processus en vue de lancer des négociations directes à une date ultérieure.
Les divergences restent toutefois profondes. Israël exclut toute discussion sur un cessez-le-feu au Liban et exige le désarmement du Hezbollah, soutenu par Iran. De son côté, la partie libanaise a plaidé pour un arrêt des hostilités, le retour des déplacés et des mesures urgentes face à la crise humanitaire.
L’ambassadeur israélien à Washington, Yechiel Leiter, a affirmé que Beyrouth semblait vouloir se distancier du Hezbollah, tout en restant évasif sur une éventuelle cessation des frappes israéliennes. La représentante libanaise, Nada Moawad, a pour sa part qualifié les échanges de « constructifs ».
Ces discussions interviennent dans un contexte régional particulièrement tendu, marqué par un cessez-le-feu fragile impliquant États-Unis, Israël et Iran. Le conflit s’est intensifié après des frappes américano-israéliennes contre l’Iran fin février, suivies par l’entrée en scène du Hezbollah début mars, déclenchant une riposte israélienne meurtrière au Liban.
Selon les autorités libanaises, les violences ont causé plus de 2 000 morts et déplacé près de 1,2 million de personnes, aggravant une situation humanitaire déjà critique.
La présence de Marco Rubio témoigne de la volonté de États-Unis de relancer le dialogue. Le président Donald Trump a d’ailleurs exhorté Israël à limiter ses opérations militaires au Liban afin de préserver les équilibres régionaux et éviter une escalade.
Mais les négociations restent complexes. Iran insiste pour inclure le dossier du Hezbollah dans tout accord global, une position rejetée par Washington. En parallèle, des discussions indirectes entre les États-Unis et Téhéran, menées avec la médiation du Pakistan, n’ont pas encore abouti.
Au Liban, le pouvoir en place, dirigé par le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam, tente de reprendre la main face au Hezbollah, malgré de fortes tensions internes. Les autorités cherchent notamment à engager un processus de désarmement du mouvement, sans recourir à la force.
Si aucune avancée majeure n’a été annoncée à ce stade, les participants ont laissé entrevoir la possibilité de nouvelles rencontres dans les semaines à venir. Un processus diplomatique encore fragile, mais qui marque une rare ouverture dans un conflit vieux de plusieurs décennies.
