
Dans l’affaire dite de la « dette cachée » au Sénégal, les récentes déclarations de Al Aminou Mohamed Lô, ancien directeur national de la BCEAO et actuel ministre d’État, ont suscité une onde de choc. Dans un revirement inattendu, il a reconnu avoir été trompé sur la réalité de la dette publique alors qu’il défendait auparavant la politique d’endettement du régime précédent. Il affirme aujourd’hui que les chiffres présentés étaient falsifiés ou incomplets, et qu’il n’était pas pleinement informé de la situation réelle des finances publiques au moment de ses prises de position passées.
Il révèle également avoir alerté par écrit les autorités concernées, notamment le ministère des Finances, ainsi que des institutions comme le FMI et l’UEMOA, sur les risques liés à certaines pratiques budgétaires. Toutefois, ces alertes n’auraient pas été rendues publiques à l’époque. Il prend soin de préciser que la BCEAO, en tant qu’institution monétaire, n’est pas responsable du suivi de la dette budgétaire ou fiscale, mais uniquement de la situation monétaire et des équilibres extérieurs.
Ces « aveux » relancent le débat sur la transparence dans la gestion de la dette publique, et soulèvent des interrogations sur les responsabilités partagées entre les différentes institutions étatiques. Plusieurs personnalités politiques, dont l’ancien ministre Pape Malick Ndour, ont dénoncé un revirement opportuniste de M. Lô, et exigent la publication des documents qu’il prétend avoir transmis. En toile de fond, cette affaire met en lumière de graves dysfonctionnements dans la gouvernance économique du pays, et pourrait conduire à des audits plus approfondis et à des poursuites, si les accusations venaient à être confirmées par des preuves formelles.
