
Le rejet immédiat par le président américain Donald Trump de la réponse iranienne à une proposition de paix américaine a provoqué lundi une forte hausse des prix du pétrole, alimentant les craintes d’un enlisement du conflit qui secoue la région depuis dix semaines.
Quelques jours après une initiative américaine destinée à relancer les négociations, Téhéran a transmis dimanche une réponse centrée sur l’arrêt des hostilités sur l’ensemble des fronts, notamment au Liban, où Israël affronte le Hezbollah soutenu par l’Iran.
Selon les médias iraniens, la République islamique a également réclamé des compensations pour les dégâts causés par la guerre et réaffirmé sa souveraineté sur le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial de l’énergie. Téhéran a par ailleurs demandé la fin du blocus naval américain, des garanties contre toute nouvelle attaque, la levée des sanctions ainsi que la suppression de l’interdiction visant les exportations de pétrole iranien.
Quelques heures plus tard, Donald Trump a balayé cette proposition sur son réseau Truth Social, la jugeant « totalement inacceptable », sans fournir davantage d’explications. Washington souhaitait obtenir une cessation des combats avant d’ouvrir des discussions sur des sujets sensibles, notamment le programme nucléaire iranien.
Cette impasse diplomatique a immédiatement secoué les marchés. Les cours du pétrole ont bondi de plus de quatre dollars le baril, dans un contexte de paralysie persistante du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Avant le déclenchement de la guerre le 28 février, cette voie maritime assurait environ 20 % des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié.
Les analystes estiment que les marchés restent extrêmement sensibles à chaque déclaration provenant de Washington ou de Téhéran. Malgré le ralentissement du trafic maritime, des données de suivi ont montré que trois pétroliers chargés de brut ont réussi à traverser récemment le détroit avec leurs systèmes de localisation désactivés afin d’éviter d’éventuelles attaques.
Aux États-Unis, la guerre devient également un sujet politique sensible. La hausse des prix du carburant inquiète les électeurs à quelques mois d’échéances électorales importantes pour le Parti républicain.
Sur le plan international, les alliés de l’OTAN demeurent prudents et refusent pour l’instant de participer à une mission navale dans le détroit d’Ormuz sans accord de paix global et sans mandat international clair.
Le président américain doit se rendre mercredi à Pékin, où la crise iranienne devrait figurer au cœur de ses discussions avec le président chinois Xi Jinping. Washington espère notamment que la Chine utilisera son influence pour pousser Téhéran vers un compromis.
Malgré les efforts diplomatiques, les tensions militaires restent vives dans la région. Les Émirats arabes unis ont annoncé avoir intercepté deux drones venus d’Iran, tandis que le Qatar a dénoncé une attaque contre un cargo dans ses eaux territoriales. Le Koweït a également indiqué avoir neutralisé des drones hostiles dans son espace aérien.
Au Liban, les affrontements se poursuivent entre Israël et le Hezbollah malgré le cessez-le-feu annoncé en avril. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que la guerre n’était « pas terminée », estimant qu’il restait encore à neutraliser les capacités nucléaires et balistiques iraniennes.
De son côté, le président iranien Masoud Pezeshkian a assuré que son pays « ne se prosternerait jamais devant l’ennemi » et continuerait à défendre ses intérêts nationaux « avec force ».
