
Le Pakistan a renforcé jeudi ses efforts diplomatiques pour tenter d’accélérer les négociations de paix entre les États-Unis et l’Iran, alors que les tensions restent vives malgré le cessez-le-feu instauré il y a six semaines.
Selon plusieurs sources proches des discussions, le chef de l’armée pakistanaise Asim Munir pourrait se rendre à Téhéran dans le cadre des initiatives de médiation engagées par Islamabad. Le ministre pakistanais de l’Intérieur s’était déjà rendu en Iran mercredi pour poursuivre les consultations diplomatiques.
Des responsables impliqués dans les discussions affirment que le Pakistan tente de faciliter les échanges entre les différentes composantes du pouvoir iranien afin d’accélérer les négociations avec Washington.
Trump maintient la menace d’une reprise des frappes
Le président américain Donald Trump a de nouveau averti jeudi que les États-Unis étaient prêts à reprendre leurs attaques contre l’Iran si les discussions n’aboutissaient pas rapidement.
« Si nous n’obtenons pas les bonnes réponses, cela ira très vite », a déclaré Donald Trump devant la presse à la base interarmées Andrews, ajoutant qu’une décision pourrait intervenir « dans quelques jours ».
Le président américain a également réaffirmé son objectif d’empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire, évoquant soit un accord diplomatique, soit des « mesures désagréables » contre Téhéran.
L’Iran maintient ses exigences
De son côté, l’Corps des gardiens de la révolution islamique a averti qu’une nouvelle attaque contre l’Iran pourrait provoquer une extension du conflit à l’ensemble de la région.
Téhéran a transmis cette semaine une nouvelle proposition aux États-Unis. Selon plusieurs médias iraniens, celle-ci reprend largement les exigences déjà rejetées par Washington, notamment :
- la levée des sanctions économiques ;
- le retrait des forces américaines de la région ;
- la restitution des avoirs iraniens gelés ;
- des réparations liées aux dégâts causés par les frappes ;
- ainsi qu’un contrôle renforcé du détroit d’Ormuz.
Le détroit d’Ormuz reste au centre des tensions
L’Iran a récemment publié une carte présentant une « zone maritime contrôlée » dans le détroit d’Ormuz, indiquant que les navires devront désormais obtenir une autorisation pour y transiter.
Avant le conflit, ce passage stratégique assurait près d’un cinquième des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Depuis le début de la guerre, les perturbations du trafic maritime ont provoqué une flambée des prix de l’énergie et des inquiétudes pour l’économie mondiale.
Malgré les tensions, plusieurs pétroliers ont recommencé à emprunter le détroit ces derniers jours, notamment des superpétroliers chinois et un navire sud-coréen opérant avec la coopération des autorités iraniennes.
Selon le contrôleur maritime Lloyd’s List, le trafic maritime a progressé la semaine dernière, même s’il reste largement inférieur aux niveaux observés avant le conflit.
Une guerre aux conséquences régionales majeures
Les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran ont causé des milliers de morts avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Les tensions se sont également étendues au Liban, où les opérations israéliennes contre le Hezbollah soutenu par l’Iran ont provoqué d’importants déplacements de population.
Washington et Israël affirment vouloir réduire les capacités nucléaires et militaires iraniennes ainsi que l’influence régionale de Téhéran. Toutefois, malgré les bombardements, l’Iran conserve encore une partie importante de ses capacités stratégiques, notamment en matière de drones, de missiles et d’enrichissement d’uranium.
Selon un récent rapport de CNN, la production iranienne de drones aurait déjà repris pendant le cessez-le-feu, illustrant la rapidité de reconstruction des capacités militaires iraniennes.
