
Le procès du drame de Strépy-Bracquegnies s’est poursuivi vendredi devant la cour d’assises du Hainaut avec l’examen des aspects techniques liés à la BMW conduite par Paolo Falzone.
Les audiences ont principalement porté sur la reprogrammation du moteur du véhicule, dont la puissance aurait été augmentée sans autorisation de la société de leasing propriétaire de la voiture, ni de l’assureur ou de la Direction pour l’Immatriculation des Véhicules (DIV).
Selon les témoignages recueillis à l’audience, la puissance de la BMW serait passée de 292 à 355 chevaux après une intervention effectuée dans un garage spécialisé de Chapelle-lez-Herlaimont. D’après les éléments techniques présentés, la puissance réelle d’origine du modèle concerné avoisinerait plutôt les 250 chevaux, ce qui représenterait une augmentation estimée à près de 40 %.
Un employé du garage a expliqué que Paolo Falzone s’était présenté seul pour demander une « reprogrammation classique ». L’opération, réalisée avec l’aide d’un partenaire basé à Nivelles, consistait à modifier électroniquement les paramètres du moteur sans intervention mécanique directe.
Le garagiste a affirmé avoir averti le client de la nécessité d’informer son assureur, tout en reconnaissant ne disposer d’aucun moyen de contrôle. Il a également précisé que Paolo Falzone avait payé la somme de 499 euros en liquide et refusé de communiquer ses coordonnées personnelles.
Les débats ont aussi révélé que l’accusé était revenu à plusieurs reprises afin de modifier à nouveau la puissance du véhicule. Interrogé sur les procédures appliquées, le témoin a admis qu’aucune carte grise n’était exigée pour ce type d’intervention, expliquant que le garage se fiait « à la bonne foi du client ».
L’ingénieur automobile entendu par la cour a confirmé que le garage ne disposait pas des autorisations nécessaires pour intervenir sur ce type précis de moteur. De leur côté, plusieurs employés d’une concession BMW ont indiqué qu’une modification du véhicule avait été détectée lors d’un entretien, avec un avertissement adressé au client concernant les conséquences possibles sur la garantie constructeur.
Le conseiller commercial ayant vendu la voiture à la mère de l’accusé a décrit un achat « atypique », affirmant que Paolo Falzone avait personnellement choisi les options du véhicule. « Il savait exactement ce qu’il voulait », a témoigné le vendeur devant la cour.
Invité à préciser qui utilisait principalement la voiture, Paolo Falzone a finalement reconnu à l’audience : « C’est vrai, c’est moi qui roulais le plus avec la voiture. »
