Rémunération pour copie privée : le Sénégal veut accélérer la mise en œuvre du dispositif

Le Sénégal entend donner un nouvel élan à la mise en œuvre de la Rémunération pour Copie Privée (RCP). Une rencontre consacrée aux modalités d’application du mécanisme s’est tenue au Musée des Civilisations noires, en présence des membres de la Commission Copie Privée, des responsables de la SODAV et de plusieurs acteurs du secteur culturel.

Cette réunion intervient dans le sillage de la décision prise lors du Conseil des ministres du 21 janvier 2026, qui avait acté l’application effective du système de rémunération pour copie privée au Sénégal.

À cette occasion, le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Alpha Thiam, a réaffirmé la détermination de son département à concrétiser ce dispositif. Il considère la RCP comme un mécanisme de justice en faveur des créateurs, particulièrement dans un contexte marqué par la transformation rapide des modes de consommation et de diffusion des œuvres.

Un dispositif à adapter à l’ère du numérique

La Rémunération pour Copie Privée vise à compenser les ayants droit pour l’utilisation, dans un cadre privé, d’œuvres protégées. Mais l’évolution des technologies et la multiplication des supports numériques imposent désormais une adaptation du mécanisme.

Le développement du stockage en ligne, du cloud et des nouveaux usages numériques constitue ainsi un défi pour le système de collecte et de redistribution.

Le ministre a demandé à la Commission Copie Privée de travailler sur des propositions concrètes susceptibles d’être rapidement mises en œuvre. Les réflexions porteront notamment sur les modalités de perception des revenus générés par la RCP et leur répartition au profit des ayants droit.

La vulgarisation du dispositif auprès des artistes, mais aussi du grand public, devrait également occuper une place importante dans le processus.

Un outil au service des créateurs et de l’industrie culturelle

Pour les autorités, l’enjeu de la RCP dépasse la seule question de la rémunération des artistes. Le mécanisme est également présenté comme un levier destiné à renforcer l’ensemble de l’écosystème culturel sénégalais.

Les revenus issus de ce dispositif pourraient notamment contribuer à la professionnalisation des acteurs, au développement de la formation et au financement des industries culturelles et créatives.

Le gouvernement souhaite ainsi favoriser une meilleure structuration du secteur et renforcer la valeur économique de la création artistique.

La culture au cœur de l’Agenda national de transformation

À travers l’opérationnalisation de la RCP, le ministère de la Culture entend inscrire davantage le développement des industries culturelles dans les priorités de l’Agenda national de transformation.

L’ambition affichée est de faire de la culture un véritable outil de souveraineté, de création de richesse et d’attractivité, tout en garantissant aux créateurs une meilleure reconnaissance de la valeur de leurs œuvres.

La prochaine étape consistera désormais à traduire les orientations arrêtées en mécanismes concrets de collecte, de gestion et de redistribution, afin de rendre la Rémunération pour Copie Privée pleinement opérationnelle.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *