
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, Édouard Philippe durcit son discours sur l’immigration. L’ancien Premier ministre et candidat déclaré à la succession d’Emmanuel Macron appelle la France et ses partenaires européens à faire preuve de « lucidité » et de « volonté collective » pour reprendre la maîtrise des flux migratoires.
« Il y a urgence à reprendre le contrôle sur notre immigration », a déclaré mercredi le président d’Horizons dans un message publié sur les réseaux sociaux. Il assure toutefois vouloir se démarquer des propositions de l’extrême droite, estimant que la réponse doit passer par une action coordonnée à l’échelle européenne.
Un « verrou Schengen » proposé
Parmi ses principales propositions figure la création d’un « verrou Schengen ». Le principe consisterait à fixer, entre les États membres de l’espace Schengen, un seuil au-delà duquel toute opération de régularisation massive devrait obtenir leur accord préalable.
Édouard Philippe souhaite également instaurer un mécanisme européen destiné à répondre aux situations qu’il qualifie d’« attaques hybrides » aux frontières. Dans des circonstances exceptionnelles, ce dispositif pourrait permettre de suspendre temporairement l’enregistrement de nouvelles demandes d’asile lorsqu’un État membre serait confronté à une pression migratoire organisée.
Des sanctions contre les réseaux
Autre axe défendu par le candidat : renforcer la lutte contre les réseaux impliqués dans l’immigration irrégulière.
Il propose la mise en place d’un régime européen de sanctions ciblant les organisations concernées ainsi que leurs soutiens financiers et matériels. Le dispositif pourrait notamment prévoir le gel des avoirs et des interdictions d’entrée sur le territoire de l’Union européenne.
L’ancien chef du gouvernement entend ainsi s’inspirer des mécanismes déjà utilisés contre certaines organisations criminelles et réseaux terroristes.
L’épisode de Ceuta en toile de fond
Cette prise de position intervient quelques jours après un important afflux migratoire vers Ceuta, enclave espagnole située sur la côte nord du Maroc.
Entre le 30 et le 31 juillet, des dizaines de milliers de personnes auraient tenté de franchir les frontières terrestre et maritime de l’enclave en provenance du Maroc. Les estimations évoquées vont de 50 000 à 70 000 personnes.
La majorité des arrivants étaient de jeunes hommes marocains ou originaires d’Afrique subsaharienne. L’ampleur du mouvement aurait représenté, selon les estimations citées, jusqu’à 70 % de la population de Ceuta, qui compte environ 84 000 habitants.
Philippe veut imposer son propre cap
Dans cette campagne présidentielle qui se dessine progressivement, Édouard Philippe entend donc faire de la maîtrise de l’immigration l’un des axes de son projet, tout en revendiquant une approche européenne.
« Je refuse l’impuissance migratoire », affirme-t-il, promettant d’être, s’il est élu, « le président d’une France qui maîtrise son destin dans une Europe qui protège ses frontières et qui se fait respecter ».
Une ligne qui place d’ores et déjà l’immigration parmi les thèmes majeurs de la future bataille présidentielle française.
