
Le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a accordé une grâce présidentielle à Succès Masra, ancien Premier ministre et figure majeure de l’opposition. Condamné à 20 ans de prison, l’opposant devrait retrouver la liberté après l’accomplissement des formalités prévues par le ministère de la Justice.
Succès Masra avait été condamné en août 2025 pour « diffusion de message à caractère haineux et xénophobe » et « complicité de meurtre », dans le cadre de l’affaire liée aux violences intercommunautaires de Mandakao, qui avaient fait 42 morts en mai 2025.
Huit autres responsables de l’opposition concernés
La mesure présidentielle s’étend également à huit responsables politiques membres du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), une plateforme de l’opposition.
Condamnés en mai à huit ans de prison ferme, ils avaient été reconnus coupables d’avoir participé à des faits qualifiés d’insurrection. Selon la présidence tchadienne, les demandes de grâce avaient été formulées par leurs avocats.
Les condamnations civiles restent maintenues
La présidence précise toutefois que la grâce concerne les peines d’emprisonnement et ne remet pas en cause les condamnations civiles prononcées contre les bénéficiaires.
Un autre décret prévoit par ailleurs des remises partielles de peine pour certains détenus à travers le pays. Plusieurs catégories de condamnés sont cependant exclues du dispositif, notamment les personnes condamnées pour terrorisme, viol ou infractions liées aux stupéfiants.
Cette décision présidentielle intervient dans un contexte politique sensible au Tchad, où la question du traitement de l’opposition demeure au cœur des débats sur la gouvernance et le climat politique.
