
Les États signataires du Code de conduite de Djibouti/Amendement de Djeddah (DCoC/JA) ont approuvé la création d’une « Combined DCoC Task Force », destinée à renforcer la coopération opérationnelle contre la recrudescence de la piraterie et des attaques à main armée visant les navires dans l’océan Indien occidental et le golfe d’Aden.
L’annonce a été faite lundi par le président du DCoC/JA, Metse Ralephenya, dans une déclaration consacrée au renforcement de la sécurité maritime dans la région.
Des marins toujours retenus en otage
La situation des équipages demeure au cœur des préoccupations. Plusieurs marins sont toujours retenus captifs à bord de navires, notamment le MT Honour 25, le Sward, le MV Eureka et le MT Asana.
Les États signataires ont renouvelé leur appel à la libération immédiate et sans condition des otages, insistant sur la nécessité de préserver leur sécurité, leur dignité et leur bien-être.
Une réponse collective inspirée du golfe de Guinée
La décision intervient après une réunion extraordinaire du Comité directeur du DCoC, tenue le 29 juillet. Les participants avaient alors examiné différentes options pour améliorer la coordination des opérations de sécurité maritime.
Le Comité a recommandé la création de cette force combinée sous l’autorité du Groupe de travail 3, chargé de la coopération et de la coordination opérationnelles en mer.
Pour élaborer ce nouveau mécanisme, les États se sont notamment inspirés de l’expérience du golfe de Guinée, où une force maritime combinée a récemment été rendue opérationnelle dans le cadre du Code de conduite de Yaoundé.
Le futur dispositif devra toutefois tenir compte des réalités propres à l’océan Indien occidental et au golfe d’Aden. Il est également présenté comme complémentaire aux opérations déjà conduites par les partenaires internationaux, notamment les Combined Maritime Forces, la Combined Task Force 151 et l’EU NAVFOR, ainsi que par les forces navales opérant de manière indépendante.
Des « sea-riders » à bord des navires de guerre
L’un des principaux mécanismes envisagés repose sur l’embarquement d’officiers, appelés « sea-riders », provenant des États côtiers concernés à bord des bâtiments militaires participant aux opérations.
Cette formule doit favoriser l’interopérabilité entre les différentes forces, faciliter la coordination des interventions entre juridictions et améliorer le partage de la connaissance du domaine maritime.
Elle doit également permettre aux États concernés de participer plus directement à l’exercice de leurs prérogatives en matière d’application de la loi, dans le respect du droit international.
L’expérience de l’Opération Copper en Afrique australe est également citée comme référence pour la mise en place de ce mécanisme.
Vers un cadre juridique régional
La coopération ne sera pas limitée au volet opérationnel. Le Groupe de travail 3 devra également formuler des recommandations en vue de l’élaboration d’un cadre juridique régional facilitant le transfert, l’enquête et la poursuite des personnes soupçonnées de piraterie.
L’objectif est de rendre plus efficaces les procédures judiciaires liées aux opérations de sécurité maritime, tout en respectant les législations nationales et les garanties de procédure.
L’OMI apporte son soutien
L’Organisation maritime internationale (OMI) continue pour sa part d’accompagner les initiatives régionales développées dans le cadre du DCoC/JA. Le dispositif rappelle toutefois que la conduite des opérations de sécurité maritime demeure une responsabilité souveraine des États concernés.
Le président du DCoC/JA a appelé les États signataires, les « Amis du DCoC », les organisations internationales et les partenaires au développement à soutenir la nouvelle initiative.
À travers la création de cette force combinée, les pays signataires veulent renforcer durablement la capacité régionale à protéger les marins, sécuriser les voies de navigation et lutter contre la résurgence de la piraterie dans l’océan Indien occidental et le golfe d’Aden.
