
La coordination des opérations de recherches et de sauvetage (SAR) dans l’espace ouest et centre-africain doit gagner en efficacité. Réunis à Dakar, les acteurs du secteur aérien cherchent à renforcer les mécanismes de coopération entre les États afin d’améliorer la rapidité des interventions en cas de situation de détresse.
L’enjeu est majeur. À l’ouverture de l’atelier régional consacré à la coordination des opérations SAR, Serge Guy Tchanda, responsable régional de la gestion du trafic aérien et des recherches et sauvetage au Bureau de l’OACI pour l’Afrique occidentale et centrale (WACAF), a dressé un état des lieux préoccupant.
Selon lui, seuls 20 % des accords de recherches et de sauvetage conclus entre les États de la région sont appliqués de manière régulière et systématique. Un constat qui souligne la nécessité de renforcer la mise en œuvre concrète des mécanismes de coopération déjà établis.
Représentant le Directeur régional de l’OACI-WACAF, Romain Ekoto, il a appelé les États à davantage opérationnaliser les accords existants afin d’assurer une intervention plus rapide et mieux coordonnée lorsqu’une urgence survient.
« Chaque minute compte »
Présidant la cérémonie au nom du ministre des Transports terrestres et aériens, Abdoul Ahad Ndiaye, le Directeur général de l’ANACIM, Dr Diaga Basse, a rappelé que le renforcement du dispositif SAR répond aux standards de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).
Il constitue également, selon lui, un engagement des États en faveur du maintien d’un haut niveau de sécurité dans le transport aérien.
Dans ce domaine, les frontières nationales ne peuvent constituer un obstacle à l’intervention. « Lorsqu’un aéronef ou un navire est en détresse, chaque minute compte », a-t-il rappelé.
Pour être efficace, la chaîne de secours doit pouvoir alerter, coordonner, mobiliser les moyens disponibles et intervenir dans les meilleurs délais. Une exigence qui passe notamment par la mutualisation des ressources, une définition claire des responsabilités et une collaboration étroite entre les différents centres de recherches et de sauvetage.
Vers un dispositif régional mieux coordonné
Le Général Papa Aliou Cissé, Chef d’État-major de l’Armée de l’air et responsable du Centre de Coordination et de Sauvetage de Dakar (CCS), considère cette rencontre comme une opportunité de faire le point sur les accords existants et de travailler à l’élaboration d’un cadre de coopération commun.
L’un des objectifs affichés est de parvenir à la conclusion de protocoles de coopération engageant les États participants.
Le Sénégal assure la gestion de la Région de Recherche et de Sauvetage de Dakar à travers son centre principal. Cette responsabilité implique une coordination étroite avec les pays disposant de centres secondaires, notamment la Côte d’Ivoire, le Mali, la Mauritanie, la Gambie et la Guinée-Bissau, dont les représentants prennent part à l’atelier.
Le Général Cissé a également rappelé la répartition des rôles au niveau national. La conduite des opérations de recherches et de sauvetage relève de l’Armée de l’air, tandis que l’aviation civile intervient dans la définition du cadre réglementaire applicable à cette mission.
Dakar, point de départ d’une nouvelle dynamique
La rencontre a reçu le soutien de plusieurs acteurs du secteur aérien. Mme Aïssatou Sy, représentante de l’ASECNA au Sénégal, et Mamadou Gningue, Directeur du Bureau d’Enquêtes et d’Analyses (BEA) pour la sécurité de l’aviation civile, ont notamment souligné l’importance de cette initiative.
Présenté comme une première à l’échelle régionale dans le domaine de la coordination SAR, l’atelier ambitionne de poser les bases d’une coopération plus structurée entre les différents États concernés.
Au-delà des discussions techniques, l’objectif est clairement opérationnel : réduire les délais d’intervention, améliorer la coordination transfrontalière et renforcer la capacité collective à porter assistance aux personnes en situation de détresse.
À Dakar, les participants veulent ainsi faire de la coopération régionale un véritable outil de sécurité, dans un domaine où quelques minutes peuvent parfois faire la différence entre la vie et la mort.
