Belgique : Bart De Wever séduit son camp, mais peine à convaincre les jeunes et le centre

Les réformes portées par le Premier ministre belge Bart De Wever recueillent l’adhésion d’une partie importante de la population, mais les clivages politiques et générationnels restent marqués. Selon une étude réalisée pour RTL Info, le chef du gouvernement peine notamment à convaincre les électeurs du centre et les plus jeunes.

Un soutien largement marqué à droite

Près d’un Belge sur deux se dit favorable aux réformes défendues par Bart De Wever. Derrière cette moyenne nationale se cachent toutefois d’importantes différences selon les sensibilités politiques.

Les électeurs du MR apparaissent comme les plus favorables aux mesures du Premier ministre. Quelque 74 % d’entre eux les approuvent et 71 % déclarent avoir confiance en Bart De Wever.

À gauche, la tendance s’inverse nettement. Selon les résultats de l’enquête, 82 % des électeurs du PS et du PTB déclarent ne pas faire confiance au Premier ministre. Chez les sympathisants d’Ecolo, cette proportion atteint même 88 %.

Le centre, un électorat plus partagé

La situation est plus contrastée chez les électeurs du centre, notamment ceux des Engagés, pourtant représentés au sein de la coalition gouvernementale.

Dans cet électorat, 48 % approuvent les réformes annoncées, contre 47 % qui s’y opposent. En matière de confiance personnelle envers Bart De Wever, le soutien apparaît encore plus limité : seuls 35 % des électeurs des Engagés disent lui faire confiance.

Pour l’analyste politique Martin Buxant, cette situation constitue l’un des principaux points de fragilité du Premier ministre.

Les jeunes particulièrement sceptiques

La fracture générationnelle constitue un autre défi pour Bart De Wever. Chez les 25-34 ans, le niveau de défiance atteint 74 %.

« Le danger pour le Premier ministre est donc clair : il convainc son camp, mais ne parvient ni à rassurer le centre, ni à embarquer la nouvelle génération, ni à réduire l’inquiétude des plus fragiles », analyse Martin Buxant.

Des réformes qui touchent directement le quotidien

Derrière le terme générique de « réformes » se trouvent plusieurs chantiers qui concernent directement la vie quotidienne des Belges.

La réforme de l’État figure parmi les priorités affichées par le Premier ministre, qui la présente comme nécessaire face au risque de déclassement de la Belgique.

Sur le plan social, la limitation de la durée des allocations de chômage à deux ans est déjà entrée en vigueur. La réforme des pensions doit, quant à elle, renforcer le lien entre la durée effective de travail et les droits à la retraite.

La réforme fiscale prévoit également une augmentation progressive de la part des revenus exonérée d’impôt, avec l’objectif affiché de mieux valoriser les revenus issus du travail.

Le coût social au cœur du débat

Ces différentes mesures soulèvent donc des interrogations qui dépassent les seuls clivages institutionnels.

« La vraie question n’est donc plus de savoir si la Belgique va changer, mais jusqu’où, à quel rythme et surtout à quel prix social », résume Martin Buxant.

L’étude a été réalisée par Cluster 17 pour RTL Info auprès de 1 064 personnes, dont 246 résidents bruxellois, représentatives de la population belge francophone âgée de 18 ans et plus. Les entretiens ont été menés du 20 au 23 août 2026.

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