
Le ministre français de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a dévoilé mercredi 2 septembre plusieurs mesures et orientations concernant l’école, avec un accent particulier sur la protection des mineurs. Invité sur RTL, il a notamment annoncé la création prochaine d’un fichier destiné à empêcher certaines personnes sanctionnées pour des comportements inappropriés envers des enfants de retrouver un emploi dans des structures accueillant des mineurs.
Un fichier pour empêcher les réembauches
Le futur dispositif concernera les personnes ayant été écartées de l’école, du périscolaire ou d’autres structures en raison de leur comportement à l’égard de mineurs. L’objectif est de leur interdire une nouvelle embauche dans les établissements scolaires, les activités périscolaires ou encore le secteur sportif.
Selon Édouard Geffray, la mise en œuvre de ce fichier nécessitera l’adoption d’une loi, dont l’examen pourrait intervenir à l’automne.
La protection des enfants constitue également l’un des axes d’un questionnaire national sur les violences sexuelles, qui doit être déployé en novembre. Le ministre a rappelé qu’environ un enfant sur dix serait potentiellement victime de violences sexuelles avant sa majorité, ce qui représenterait près d’un million d’élèves.
Les élèves qui le souhaitent pourront communiquer leurs coordonnées afin d’être orientés vers un adulte de confiance. Les personnels de santé scolaire, les psychologues, les équipes de vie scolaire et, si nécessaire, des intervenants extérieurs pourront participer à cet accompagnement.
L’Éducation nationale fait par ailleurs état de quelque 88 000 signalements par an. Le ministre a insisté sur le rôle de l’institution dans le recueil de la parole, l’orientation des victimes et, lorsque les conditions sont réunies, la transmission des faits à la justice, plutôt que dans la prise en charge médicale elle-même.
Rentrée : des affectations parfois retardées
Édouard Geffray a également évoqué les difficultés d’affectation rencontrées par certains élèves à la rentrée. Plusieurs milliers de jeunes peuvent se retrouver temporairement sans affectation, notamment à la suite d’un déménagement ou d’un changement d’établissement.
Le ministre estime néanmoins que les démarches effectuées suffisamment tôt doivent permettre de régler la majorité de ces situations dans les premiers jours suivant la rentrée. Il assure que les familles ayant anticipé leurs démarches devraient obtenir une affectation au plus tard dans les jours suivant la reprise des cours.
Téléphone portable : vers un encadrement renforcé au lycée
Autre sujet abordé : l’utilisation du téléphone portable dans les lycées. Le ministre défend une limitation de son usage dans l’enceinte des établissements, tout en reconnaissant que la question peut susciter des débats pour les élèves de première et de terminale.
Pour Édouard Geffray, l’omniprésence des écrans constitue désormais un enjeu à la fois éducatif et de santé publique. Il évoque notamment des situations où certains élèves passent en moyenne 4 h 40 par jour sur leur téléphone, une durée qu’il juge incompatible avec un temps d’apprentissage suffisant.
La mesure ne vise toutefois pas, selon lui, à interdire le téléphone aux jeunes, mais à encadrer son utilisation dans les établissements, avec les dérogations prévues par les règles scolaires.
Baisse des effectifs : ne pas réduire les moyens au même rythme
La démographie constitue également un défi majeur pour l’Éducation nationale. Le ministre estime que la France est engagée dans une évolution démographique appelée à se poursuivre pendant environ deux décennies. Selon ses projections, le nombre d’élèves pourrait diminuer de 20 % entre 2020 et 2035.
Cette baisse des effectifs ne doit toutefois pas entraîner, selon lui, une réduction mécanique des moyens. Le ministre souhaite plutôt profiter des postes libérés par la diminution du nombre d’élèves pour renforcer d’autres secteurs du système éducatif.
Cette logique doit également permettre de préserver une offre scolaire dans les territoires ruraux. Édouard Geffray estime nécessaire de maintenir certaines écoles malgré de faibles effectifs, évoquant des classes de cinq ou six élèves. Il exclut notamment que des enfants soient contraints d’effectuer des trajets pouvant atteindre 100 kilomètres ou une heure pour accéder à leur établissement.
Parcoursup maintenu
Interrogé sur l’avenir de Parcoursup, le ministre a par ailleurs écarté l’hypothèse d’une suppression de la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur.
Il défend son rôle d’outil de mise en relation entre les candidats et les établissements. Selon lui, Parcoursup permet aux élèves de prendre connaissance des formations disponibles et de déposer leurs candidatures, tandis que les décisions d’admission relèvent ensuite des établissements concernés.
Une médiatrice dédiée aux droits des enfants
Enfin, Édouard Geffray a annoncé la nomination, auprès de la médiatrice de l’Éducation nationale, d’une médiatrice chargée spécifiquement de la protection des droits des enfants à l’école.
Son champ d’intervention doit notamment couvrir les situations liées au périscolaire. Un travail de recensement des signalements et des situations existantes est actuellement en cours, selon le ministre.
À travers ces différentes annonces, Édouard Geffray entend répondre à plusieurs défis de l’école française : mieux protéger les élèves, encadrer les usages numériques, gérer la baisse démographique tout en préservant l’offre éducative dans les territoires et renforcer les dispositifs de protection des droits des enfants.
