
Partie du quartier des Castors, la marche a réuni plusieurs participants venus exprimer leurs préoccupations face à la hausse du coût de la vie. Arborant des tee-shirts aux couleurs du collectif, les manifestants brandissaient des pancartes portant notamment les messages « Stop à la cherté de la vie » et « Juste prix, mon combat ».
Des ustensiles de cuisine vides, des paniers et des bols ont également été utilisés pour symboliser les difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux ménages au quotidien.
Tout au long du parcours, les manifestants ont scandé plusieurs slogans en wolof, parmi lesquels « Dund gi dafa seer » (la vie est chère), « Location bi dafa seer » (le loyer est cher) et « Woyofal bi dafa seer » (Woyofal est cher). Des slogans qui traduisent des préoccupations portant aussi bien sur l’alimentation que sur le logement et l’électricité.
Des témoignages sur les difficultés quotidiennes
Vêtue de noir, Maimouna Ndiaye Sy, une sexagénaire, a expliqué sa présence par la nécessité de faire entendre les difficultés rencontrées par les ménages.
« La vie est extrêmement chère, on ne sait plus quoi faire », a-t-elle déclaré, évoquant notamment le prix du poisson, qu’elle dit acheter à 3 500 francs CFA le kilogramme.
Elle a également insisté sur le caractère citoyen de la mobilisation, appelant à préserver le mouvement de toute récupération politique.
Venue de Diamaguène, Mame Binta Fall, une retraitée, avait choisi de porter un panier vide afin de symboliser les difficultés des familles à faire leurs provisions.
« La population est fatiguée. Avec 5 000 francs CFA, je ne peux plus faire une provision suffisante », a-t-elle témoigné, soulignant les contraintes auxquelles sont particulièrement confrontées les familles nombreuses.
La vulnérabilité des femmes a également été mise en avant par Kiné Guèye. Marchant avec une calebasse renversée sur la tête et un bol vide entre les mains, elle portait une pancarte sur laquelle était inscrit : « Les veuves souffrent ».
Elle a évoqué le poids des dépenses liées au loyer, à l’eau, à l’électricité et aux frais de scolarité. Selon elle, les veuves et les femmes divorcées sans emploi figurent parmi les catégories les plus exposées aux difficultés liées au coût de la vie.
La préservation du pouvoir d’achat, une priorité affichée par l’État
Cette mobilisation intervient quelques jours après le Conseil des ministres du 2 septembre, au cours duquel le président de la République a réaffirmé l’importance qu’il accorde à la préservation du pouvoir d’achat des ménages et à la lutte contre la cherté de la vie.
Le chef de l’État a demandé au Gouvernement de renforcer la maîtrise des prix des denrées et des services de consommation courante, tout en appelant à une application rigoureuse des instruments prévus par la loi sur les prix et la protection du consommateur.
La régulation des loyers figure également parmi les orientations présidentielles. Bassirou Diomaye Faye a souligné « l’impératif de réguler les coûts des loyers », appelant à un déploiement efficace des dispositifs réglementaires et coercitifs appropriés.
Le président de la République a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de mettre en place un système de veille stratégique destiné à sécuriser durablement les approvisionnements du pays. Cette approche doit accompagner les efforts de relance économique et contribuer à une meilleure maîtrise des conditions d’approvisionnement du marché.
« Un combat qui s’inscrit dans le long terme »
Pour le porte-parole du collectif « 30 Jours pour le Juste Prix », Bathie Drissy, la mobilisation se veut avant tout citoyenne.
« Ce collectif est une initiative citoyenne. Il n’a aucune couleur politique. Ce sont des consommateurs qui subissent la cherté de la vie », a-t-il déclaré.
Il a annoncé la poursuite de la mobilisation dans la durée, jusqu’à une amélioration de la situation des consommateurs.
La marche s’est achevée au rond-point Jet d’eau, à Grand-Dakar. À travers cette initiative, les participants ont ainsi mis en avant leurs préoccupations concernant le coût de l’alimentation, du logement et de l’électricité, mais aussi, plus largement, les conditions de vie des ménages.
Leurs revendications interviennent dans un contexte où la question du pouvoir d’achat et de la maîtrise des prix fait l’objet d’orientations spécifiques au plus haut niveau de l’État, avec la volonté affichée de renforcer les mécanismes de régulation et la protection des consommateurs.
