Hydraulique rurale : l’OFOR accélère la réhabilitation des infrastructures vieillissantes

Le vieillissement des infrastructures reste l’un des principaux défis auxquels est confrontée l’hydraulique rurale au Sénégal. Dans un entretien accordé à Sud Quotidien, le directeur de l’Office des forages ruraux (OFOR), Serigne Mbacké Dieng, indique qu’environ un tiers des forages du pays ont déjà dépassé leur durée de vie. Les châteaux d’eau et les réseaux de distribution sont également touchés par cette situation.

Pour faire face à cette vétusté, les autorités misent sur un programme d’urgence doté de 10 milliards de francs CFA. Celui-ci prévoit la réhabilitation et le renouvellement de 60 forages, afin de renforcer la fiabilité des ouvrages et d’améliorer la continuité du service dans les zones rurales.

Cette intervention vient compléter le Projet d’alimentation en eau potable en milieu rural, phase 2, d’un coût de 53 milliards de francs CFA. À terme, ce programme prévoit la réalisation de 100 nouveaux forages, la construction d’une centaine de châteaux d’eau ainsi que l’aménagement de 1 450 kilomètres de réseaux.

La professionnalisation au cœur de la stratégie

Au-delà des investissements dans les infrastructures, l’OFOR entend également renforcer la qualité de l’exploitation des réseaux. Selon son directeur, la professionnalisation du secteur a déjà permis de porter à plus de 96 % le taux de disponibilité du service.

Des comités de suivi réunissant les autorités administratives, les collectivités territoriales et les acteurs locaux ont également été mis en place. Leur mission consiste notamment à renforcer le suivi et le contrôle de l’exploitation des infrastructures hydrauliques.

L’OFOR souhaite par ailleurs revoir les critères permettant de mesurer l’accès à l’eau. Le simple taux d’accès amélioré ne permettant pas, à lui seul, d’évaluer la continuité et la qualité du service, les autorités envisagent l’introduction d’un « taux d’accès sécurisé », qui prendrait en compte plusieurs dimensions de l’approvisionnement.

Des investissements ciblés dans les zones déficitaires

Certaines régions confrontées à des difficultés particulières font l’objet de programmes spécifiques. Dans le Sud-Est du pays, un programme financé par la Banque africaine de développement (BAD), à hauteur de 9 milliards de francs CFA, prévoit notamment la réalisation ou la réhabilitation de 180 forages à l’horizon de fin 2027.

Le projet comprend également la mise en place de 12 unités de potabilisation ainsi que le renouvellement et l’extension des réseaux sur 340 sites.

À Touba, des mesures ont également été prises pour renforcer l’approvisionnement en eau. L’OFOR indique que les capacités de production sont passées de 145 000 à 185 000 mètres cubes par jour après la réhabilitation de plusieurs ouvrages et la réparation de 1 080 fuites, notamment à l’approche du Magal.

Vers un service de proximité renforcé

Pour l’Office des forages ruraux, l’enjeu consiste désormais à poursuivre la modernisation et le renouvellement du patrimoine hydraulique tout en améliorant la proximité du service avec les populations.

Cette orientation s’inscrit dans l’objectif affiché par l’OFOR : « un foyer, un point d’eau ». Une ambition qui vise à renforcer durablement l’accès à une eau potable disponible, régulière et de qualité dans les zones rurales.

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