
L’Assemblée législative du peuple (ALP) du Burkina Faso a adopté, lundi 19 octobre 2026, un projet de loi visant à définir les entreprises et les secteurs considérés comme stratégiques pour le pays. Le texte entend renforcer la protection de ces entités face aux opérations de privatisation et adapter le cadre juridique aux priorités économiques nationales.
Cette réforme intervient dans le prolongement de la loi de décembre 1993, qui établissait déjà une liste de sociétés économiques et commerciales considérées comme stratégiques. Les insuffisances constatées dans ce dispositif et l’évolution du contexte national ont conduit les autorités à engager sa révision.
Le ministre chargé du Commerce, Serge Poda, a expliqué que le nouveau texte prévoit une protection spécifique des structures stratégiques appartenant à l’État. Il indique que la privatisation totale ou partielle de ces entités publiques sera interdite lorsqu’elles relèvent de cette catégorie.
Le dispositif doit également établir des critères permettant de déterminer quelles entreprises ou activités présentent un caractère stratégique. Selon le ministre, ces critères concernent notamment la souveraineté nationale, la sécurité du pays et l’importance économique et sociale des structures concernées.
La réforme prévoit par ailleurs un rôle accru de l’État dans le suivi et le contrôle des entreprises publiques stratégiques. Elle doit aussi lui permettre de prendre des participations ou de renforcer sa présence au capital d’entreprises privées jugées essentielles aux intérêts nationaux.
Serge Poda a toutefois précisé que cette évolution ne signifie pas que toutes les entreprises précédemment privatisées seront systématiquement reprises par l’État. L’objectif annoncé est plutôt de préserver les entités considérées comme déterminantes pour les capacités industrielles, commerciales et économiques du Burkina Faso.
L’application de la nouvelle loi dépendra notamment de la définition des secteurs concernés et des modalités de mise en œuvre du dispositif. Le texte s’inscrit dans une politique visant à renforcer le contrôle national sur les activités jugées essentielles à l’économie.
