Yémen : plus de 250 000 personnes déplacées en raison de l’intensification des combats

La crise humanitaire au Yémen s’aggrave avec l’augmentation du nombre de personnes contraintes de quitter leur domicile. Entre le 1er août et le 17 octobre 2026, plus de 250 000 personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays, selon un bilan publié mardi par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Ce chiffre représente une hausse par rapport à l’estimation précédente, qui faisait état de près de 213 000 personnes déplacées. Le gouvernorat de Taëz concentre une part particulièrement importante de ces mouvements de population. Selon les données communiquées par le HCR, cette région représente 76 % des départs et accueille 52 % des personnes récemment déplacées.

Dans le sud du pays, les gouvernorats de Lahj et d’Aden accueillent respectivement 23 % et 13 % des nouveaux déplacés, d’après l’agence onusienne.

Le HCR explique que l’intensification des bombardements à Taëz, notamment dans les zones résidentielles et à proximité d’établissements de santé, contribue à détériorer les conditions de vie. L’insécurité et les restrictions imposées sur les principaux axes routiers compliquent également les déplacements des civils et l’accès des organisations humanitaires aux populations touchées. Des frappes ont par ailleurs été signalées près d’infrastructures civiles essentielles à Aden.

Au 17 octobre, le HCR et ses partenaires avaient évalué la situation de 12 283 ménages déplacés dans les gouvernorats d’Abyan, d’Aden, de Marib, de Lahj et de Taëz. Parmi ces familles, environ 2 050 étaient dépourvues d’abri.

Les opérations d’assistance ont permis d’apporter un soutien en matière d’hébergement à 3 166 ménages. Toutefois, quelque 33 700 familles ont encore besoin d’un logement, selon l’agence. Le manque de financements constitue un obstacle majeur à la réponse humanitaire.

La dégradation de la sécurité affecte également les services destinés aux réfugiés. Dans le camp de Kharaz, situé à Lahj et accueillant 9 490 réfugiés, les écoles ont de nouveau fermé le 11 octobre. Les restrictions d’accès entravent aussi les déplacements vers le camp et les opérations d’assistance.

Cette crise s’inscrit dans un conflit qui a débuté avec la prise de Sanaa et d’autres provinces par les Houthis en septembre 2014. Une coalition dirigée par l’Arabie saoudite est intervenue en mars 2015 pour soutenir le gouvernement reconnu par la communauté internationale. La poursuite des hostilités et les difficultés d’accès aux populations déplacées maintiennent une forte pression sur les capacités humanitaires.

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