
Le ministre marocain de l’Économie et des Finances, Fouzi Lekjaa, a présenté un état des lieux de la couverture médicale au Maroc faisant apparaître un écart important entre le nombre de personnes inscrites aux régimes d’assurance maladie et celui des bénéficiaires disposant effectivement de droits ouverts.
Lors des discussions générales consacrées au projet de loi de finances 2027 devant la Commission des finances et du développement économique de la Chambre des représentants, le ministre a indiqué que 32,7 millions de personnes étaient inscrites dans les différents régimes de couverture médicale. Ce chiffre représente environ 89 % de la population.
Cependant, seules 28,6 millions de personnes disposent de droits effectivement ouverts, soit environ 78 % d’une population estimée à près de 36 millions d’habitants.
L’écart entre ces deux chiffres s’explique notamment par la situation de 4,1 millions de personnes inscrites dont les droits sont suspendus en raison du non-paiement des cotisations. Cette catégorie comprend environ 2,8 millions de travailleurs non salariés et 1,2 million de salariés.
À cette population s’ajoutent 4,1 millions de Marocains qui ne sont inscrits à aucun régime d’assurance maladie. En additionnant les personnes dont les droits sont suspendus et celles qui ne sont pas affiliées, le nombre de personnes ne bénéficiant pas effectivement de la couverture médicale atteint ainsi 8,2 millions.
Fouzi Lekjaa a souligné la nécessité de distinguer les personnes qui disposent des ressources nécessaires pour payer leurs cotisations de celles dont les conditions économiques ne permettent pas de s’en acquitter.
Pour les personnes les plus vulnérables, le ministre a évoqué la possibilité d’une approche comparable à celle de l’ancien régime d’assistance médicale RAMED, afin de faciliter leur intégration dans le système de couverture sanitaire.
Il a également précisé que les chiffres présentés ne signifiaient pas qu’une partie de la population avait été volontairement exclue du dispositif. Selon lui, la situation nécessite plutôt un diagnostic précis des difficultés rencontrées et des mesures adaptées pour améliorer l’effectivité des droits.
Par ailleurs, le ministre a annoncé la préparation d’un programme visant à généraliser progressivement le paiement électronique chez les commerçants. Élaboré dans le cadre d’une vision portée par Bank Al-Maghrib, ce dispositif devrait commencer à être déployé avant janvier prochain, avec une première phase ciblant une catégorie de commerçants.
L’objectif annoncé est de supprimer les commissions liées aux transactions électroniques afin d’encourager leur utilisation. Selon Fouzi Lekjaa, les économies réalisées par les citoyens pourraient notamment être réorientées vers le règlement des cotisations de l’assurance maladie obligatoire de base.
Au cours de son intervention, le responsable gouvernemental a également abordé la fiscalité des revenus et la situation de la classe moyenne. Il a insisté sur la nécessité de tenir compte des différences entre les catégories sociales dans la répartition des charges fiscales et des avantages.
Ces éléments s’inscrivent dans les discussions autour du projet de loi de finances 2027 et des défis liés à la généralisation effective de la protection sociale au Maroc.
