
La Chambre des représentants de Belgique a adopté jeudi un projet de loi renforçant fortement les conditions d’entrée sur le territoire belge et dans l’espace Schengen, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et la radicalisation.
Porté par la ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, le texte prévoit la possibilité d’interdire de manière « à durée indéterminée » l’accès au pays à des personnes considérées comme radicalisées ou liées à des activités terroristes.
Jusqu’ici, les autorités pouvaient prononcer des interdictions d’entrée temporaires. Avec cette réforme, les individus inscrits dans la base de données T.E.R. (terrorisme, extrémisme et radicalisation) pourront désormais faire l’objet d’une interdiction potentiellement illimitée.
Les personnes concernées incluent notamment les « foreign terrorist fighters » ou encore les propagandistes de haine identifiés par l’OCAM, l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace. Une fois la mesure appliquée, elles seront enregistrées dans le Système d’information Schengen ainsi que dans la Banque de données nationale générale de la police, entraînant un refus automatique d’entrée dans l’espace Schengen.
En parallèle, un autre projet de loi relatif au Conseil du contentieux des étrangers est toujours en discussion. Il vise à permettre aux juges d’accéder à certaines informations confidentielles détenues par les services de sécurité, notamment la Sûreté de l’État.
Le texte a été adopté par la majorité parlementaire, avec le soutien du Vlaams Belang et d’Anders, tandis que les partis d’opposition tels que le PS, le PTB, Ecolo-Groen et DéFI ont voté contre.
Cette réforme marque un durcissement notable de la politique migratoire belge, en renforçant les outils juridiques de contrôle et d’exclusion des personnes jugées à risque sécuritaire.
