
Le gouvernement a approuvé en deuxième lecture une réforme majeure du secteur commercial, autorisant désormais les commerces à ouvrir tous les jours de la semaine jusqu’à 21h. Une mesure présentée comme une avancée en matière de flexibilité, mais qui suscite de fortes oppositions chez les indépendants.
Portée par la ministre des Classes moyennes, des Indépendants et des PME, Eléonore Simonet, cette réforme supprime l’obligation de fermeture hebdomadaire des magasins. Les commerçants pourront ainsi choisir librement leurs horaires, y compris une ouverture 7 jours sur 7, sans contrainte imposée.
Pour le gouvernement, cette évolution vise à adapter la législation aux nouvelles habitudes de consommation et à la concurrence du commerce en ligne. Selon Eléonore Simonet, la réglementation actuelle serait devenue obsolète face à la flexibilité des plateformes numériques et aux pratiques des enseignes étrangères. La ministre insiste toutefois sur le caractère volontaire de la mesure, affirmant qu’aucun commerçant ne sera contraint d’allonger ses horaires.
Jusqu’ici, le cadre légal imposait une fermeture hebdomadaire obligatoire, avec des horaires strictement encadrés en soirée, sauf exceptions limitées. Plusieurs tentatives d’assouplissement avaient déjà été envisagées par le passé, sans aboutir face aux résistances du secteur.
Mais la réforme divise profondément. Le Syndicat neutre pour indépendants dénonce une décision « irraisonnée », estimant qu’elle risque de fragiliser les petits commerçants. Selon lui, cette flexibilité profitera surtout aux grandes enseignes, capables d’étendre leurs horaires sans difficulté financière, tandis que les indépendants seront indirectement poussés à suivre pour rester compétitifs.
Le syndicat redoute également une dégradation de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, sans réelle augmentation des revenus. Il estime enfin que la mesure ne répond pas à une demande du secteur et qu’elle pourrait simplement étaler les achats sur des plages horaires plus longues sans créer de croissance supplémentaire.
À l’inverse, la fédération du commerce et des services, Comeos, salue une réforme qui offre davantage de liberté aux commerçants pour adapter leurs horaires aux attentes des consommateurs.
Le texte doit encore être soumis au vote du Parlement, avec une entrée en vigueur envisagée dans les prochains mois.
