Syrie-Liban : Ahmed al-Sharaa et Nawaf Salam relancent la coopération bilatérale

Le président syrien Ahmed al-Sharaa a reçu samedi à Damas le Premier ministre libanais Nawaf Salam pour une visite axée sur plusieurs dossiers sensibles, notamment la sécurité, l’énergie, les transports et la coopération économique.

Cette rencontre s’inscrit dans le contexte du réchauffement progressif des relations entre Beyrouth et Damas depuis la chute, en décembre 2024, de Bachar al-Assad. La dynastie Assad avait exercé une forte influence sur la scène politique libanaise pendant plusieurs décennies et demeure accusée d’implication dans plusieurs assassinats de responsables libanais opposés au régime syrien.

Dans un communiqué, la présidence syrienne a indiqué que les discussions ont porté sur le développement des échanges économiques et commerciaux ainsi que sur le renforcement de la coordination sécuritaire afin de soutenir la stabilité régionale et faire face aux défis communs.

L’agence officielle syrienne SANA a précisé que les deux parties souhaitent renforcer leur coopération dans des secteurs stratégiques comme l’économie, l’énergie et les transports.

Le chef du gouvernement libanais était accompagné du vice-Premier ministre Tarek Mitri ainsi que des ministres libanais de l’Énergie, de l’Économie et des Transports.

À l’issue de la visite, Nawaf Salam a évoqué des « progrès significatifs » sur plusieurs dossiers sensibles. Il a notamment indiqué que les discussions avaient porté sur le sort des Syriens détenus au Liban ainsi que sur la question des personnes disparues ou détenues de force dans les deux pays.

En mars dernier, Beyrouth avait transféré plus de 130 détenus syriens vers leur pays afin qu’ils y purgent le reste de leur peine, dans le cadre d’un accord bilatéral conclu quelques semaines auparavant.

Le Liban cherche également à obtenir davantage d’informations sur les assassinats politiques commis durant la période de domination syrienne sous le régime Assad.

Les deux responsables ont aussi insisté sur la nécessité de renforcer le contrôle de la frontière syro-libanaise afin de lutter contre la contrebande de personnes et de marchandises. Longue de près de 330 kilomètres, cette frontière reste l’une des principales zones de trafic dans la région.

Le mois dernier, le principal poste-frontière entre les deux pays avait été temporairement fermé après des menaces israéliennes de frappes. Hezbollah était accusé par Israël d’utiliser ce passage à des fins militaires et logistiques, accusations qui ont accentué les tensions régionales.

Depuis le déclenchement des hostilités entre Israël et le Hezbollah, après des tirs de roquettes menés par le mouvement libanais le 2 mars, la situation sécuritaire demeure fragile malgré l’annonce récente d’un cessez-le-feu.

Le Hezbollah, engagé aux côtés des forces syriennes durant la guerre civile, a vu sa position affaiblie après la chute du régime Assad, perdant ainsi un allié stratégique et une importante voie d’approvisionnement.

Les nouvelles autorités syriennes affichent désormais une position hostile envers le mouvement libanais et son principal soutien régional. Plusieurs cellules présumées liées au Hezbollah auraient été démantelées ces derniers mois en Syrie, alors que le groupe nie toute présence sur le territoire syrien.

Nawaf Salam a enfin affirmé que le Liban ne permettra pas que son territoire soit utilisé comme base pour porter atteinte à un pays arabe frère, « y compris la Syrie ».

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *