
Deux pétroliers chinois transportant du pétrole brut ont quitté mercredi le détroit d’Ormuz, selon des données maritimes, dans un contexte de regain d’espoir autour d’un possible règlement du conflit opposant les États-Unis, Israël et l’Iran.
Cette évolution intervient après plusieurs déclarations optimistes du président américain Donald Trump et du vice-président JD Vance sur l’état des négociations avec Téhéran.
Donald Trump a affirmé mardi que la guerre pourrait se terminer « très rapidement », ajoutant qu’il avait suspendu une reprise imminente des hostilités après avoir reçu une nouvelle proposition iranienne visant à mettre fin au conflit.
« J’étais à une heure de prendre la décision d’y aller aujourd’hui », a déclaré le président américain depuis la Maison Blanche, tout en avertissant qu’une nouvelle offensive pourrait être lancée dans les prochains jours en l’absence d’accord.
Le détroit d’Ormuz au cœur des enjeux énergétiques
Le départ des deux superpétroliers chinois, chargés d’environ 4 millions de barils de brut irakien, est perçu comme un signal positif pour les marchés énergétiques mondiaux. Le détroit d’Ormuz constitue l’un des principaux points de passage du pétrole mondial.
Depuis le début du conflit il y a près de trois mois, les affrontements ont fortement perturbé le transport maritime dans le Golfe, immobilisant des centaines de navires et affectant les infrastructures énergétiques régionales.
Les marchés pétroliers ont réagi favorablement aux déclarations de Washington. Le prix du Brent a reculé avant de limiter ses pertes, les investisseurs espérant une désescalade entre les États-Unis et l’Iran.
Selon Toshitaka Tazawa, analyste chez Fujitomi Securities, les marchés restent toutefois prudents face à l’évolution rapide et parfois contradictoire des positions américaines.
Des négociations encore fragiles
Lors d’un point presse à la Maison Blanche, JD Vance a reconnu les difficultés des discussions avec les dirigeants iraniens, évoquant des divergences au sein même du pouvoir à Téhéran.
Le vice-président américain a également réaffirmé que l’objectif de Washington restait d’empêcher une prolifération nucléaire au Moyen-Orient.
De son côté, le responsable iranien Ebrahim Azizi a estimé que la suspension d’une nouvelle attaque américaine résultait de la crainte d’une « réponse militaire décisive » de l’Iran.
Selon les médias officiels iraniens, la nouvelle proposition de paix de Téhéran comprend :
- la fin des hostilités dans toute la région, y compris au Liban ;
- le retrait des forces américaines proches de l’Iran ;
- la levée des sanctions économiques ;
- le déblocage des avoirs iraniens gelés ;
- ainsi que des réparations pour les dégâts causés par les frappes américano-israéliennes.
Un cessez-le-feu toujours fragile
Le cessez-le-feu conclu début avril reste globalement respecté, malgré plusieurs incidents récents impliquant des drones lancés depuis l’Irak vers des pays du Golfe comme l’Arabie saoudite et le Koweït.
Depuis le début de la guerre, les frappes américaines et israéliennes ont causé des milliers de morts en Iran et au Liban, tandis que les attaques iraniennes contre Israël et plusieurs États du Golfe ont également fait des victimes.
Washington et Israël affirment vouloir affaiblir les capacités nucléaires et militaires de l’Iran ainsi que son soutien aux groupes armés régionaux. Toutefois, malgré l’ampleur des opérations militaires, Téhéran conserve encore une partie importante de ses capacités stratégiques, notamment en matière de missiles, de drones et d’enrichissement d’uranium.
Malgré les pressions militaires et économiques, les autorités iraniennes restent en place et ne montrent, pour l’instant, aucun signe d’effondrement politique majeur.
