Ebola en RDC : l’est du pays confronté à une flambée inquiétante de l’épidémie

À Rwampara, dans l’est de la République démocratique du Congo, les scènes de deuil se multiplient alors qu’une nouvelle flambée d’Ebola frappe plusieurs localités de la région.

Mercredi, à l’hôpital général de la ville, des équipes médicales équipées de combinaisons de protection ont procédé au transfert de plusieurs corps vers des cercueils désinfectés, sous les pleurs des familles endeuillées.

Parmi les proches des victimes, Botwine Swanze a raconté la mort rapide de son fils, victime de douleurs abdominales, de vomissements puis d’importantes hémorragies. Une autre habitante, Alicama Bitunda, a évoqué la disparition successive de son enfant puis de sa mère, dont les premiers symptômes avaient été confondus avec une forme sévère de paludisme.

L’OMS déclenche une alerte internationale

Face à l’évolution rapide de la situation, l’Organisation mondiale de la santé a classé l’épidémie comme une « urgence de santé publique de portée internationale ».

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué que 51 cas confirmés avaient déjà été recensés dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, ainsi que deux cas dans l’Ouganda voisin.

Les autorités sanitaires congolaises signalent également près de 600 cas suspects et 139 décès présumés liés au virus, tandis que l’OMS estime que le bilan réel pourrait être supérieur aux chiffres actuellement disponibles.

Une souche rare du virus identifiée

Cette 17e épidémie d’Ebola enregistrée en RDC est marquée par la circulation du virus Bundibugyo, une souche rare qui serait restée plusieurs semaines sans être identifiée par les services sanitaires.

Les premiers tests avaient ciblé une autre variante plus courante du virus, retardant ainsi la détection de l’épidémie et la mise en place des mesures de riposte.

À l’hôpital de Rwampara, les installations restent encore largement insuffisantes. Une simple bande plastique délimite pour l’instant la future zone d’isolement, tandis que le matériel médical nécessaire n’a commencé à être livré que récemment.

Des infrastructures sous pression

Le ministère congolais de la Santé a annoncé l’ouverture prochaine de centres spécialisés à Rwampara, Bunia et Mongbwalu afin de renforcer la prise en charge des patients contaminés.

Une grande tente a déjà été installée dans l’enceinte de l’hôpital de Rwampara pour accueillir les malades dès l’ouverture du centre de traitement.

Malgré ces efforts, les autorités sanitaires reconnaissent que la situation demeure préoccupante. « La situation n’est pas encore sous contrôle », a déclaré John Muhito, médecin-chef de la zone sanitaire de Rwampara.

L’insécurité complique la riposte

La lutte contre l’épidémie est également freinée par l’instabilité persistante dans l’est de la RDC, où les violences de groupes armés compliquent l’accès à plusieurs zones touchées.

Dans ces territoires enclavés, les difficultés logistiques, le manque d’infrastructures médicales et l’insécurité nourrissent les inquiétudes quant à une possible propagation plus large du virus dans la région.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *