Flambée du pétrole : Cheikh Diba alerte sur un risque de dérapage budgétaire au Sénégal

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a exprimé vendredi ses inquiétudes face aux répercussions de la crise au Moyen-Orient sur les finances publiques sénégalaises. Intervenant devant les députés lors de la séance des Questions d’actualité au Gouvernement, il a averti que la hausse des cours du pétrole pourrait fortement alourdir les dépenses de subventions énergétiques.

Selon le ministre, les prévisions budgétaires devront être ajustées en fonction de l’évolution de la conjoncture internationale, dont les impacts sur les marchés énergétiques restent encore incertains. Il a indiqué qu’avec un baril de pétrole estimé à 85 dollars, les subventions énergétiques pourraient atteindre 774 milliards de FCFA, alors que la loi de finances n’avait prévu que 254 milliards de FCFA. L’État devrait ainsi mobiliser plus de 520 milliards de FCFA supplémentaires pour couvrir l’écart.

Cheikh Diba a également évoqué une hypothèse plus préoccupante. Si les tensions géopolitiques persistent et que le prix du baril atteint 115 dollars en 2026, le coût des subventions pourrait grimper à 1 396 milliards de FCFA, nécessitant un effort budgétaire additionnel de plus de 1 100 milliards de FCFA.

Le ministre a toutefois souligné que cette hausse des prix pétroliers pourrait générer des recettes fiscales supplémentaires grâce aux taxes appliquées aux produits énergétiques. Celles-ci sont estimées à 135 milliards de FCFA dans le scénario d’un baril à 85 dollars et pourraient atteindre 185 milliards en cas de nouvelle augmentation des cours. Des revenus additionnels qui, selon lui, resteraient néanmoins insuffisants pour compenser le poids des subventions.

Face à cette pression croissante sur les finances publiques, le ministre des Finances a révélé avoir proposé au gouvernement une révision des prix des produits énergétiques afin de partager l’effort avec les consommateurs. Une option qui n’a, pour le moment, pas été retenue par les autorités.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *