
L’Iran a présenté deux propositions majeures lors de la visite à Téhéran du chef de l’armée pakistanaise, Asim Munir, dans un contexte de fortes tensions avec les États-Unis et de craintes d’une reprise du conflit militaire dans la région.
Selon des sources diplomatiques citées par Al Arabiya, Téhéran aurait proposé la réouverture du détroit d’Détroit d’Ormuz en échange du versement d’une compensation financière par Washington. Les autorités iraniennes demandent également que les discussions sur l’allègement des sanctions économiques et le dégel des avoirs iraniens interviennent avant la signature de tout accord global.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a déclaré samedi que les deux parties étaient « à la fois très proches et très loin d’un accord ». Il a précisé que la visite d’Asim Munir visait notamment à transmettre des messages entre Téhéran et Washington.
Selon lui, les autorités iraniennes travaillent actuellement à la finalisation d’un protocole d’accord avec les États-Unis.
Risque d’escalade militaire
Cette initiative diplomatique intervient alors que plusieurs médias américains, dont Axios et CBS News, rapportent que la Maison Blanche envisage de nouvelles frappes militaires contre l’Iran en cas d’échec des négociations.
Les responsables américains ont à plusieurs reprises affirmé qu’une option militaire restait envisageable si aucun compromis n’était trouvé.
De son côté, le président du Parlement iranien et négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, a averti que l’Iran répondrait « de manière plus écrasante et plus amère » à toute reprise des hostilités.
Dans un message publié après sa rencontre avec Asim Munir à Téhéran, il a affirmé que les forces armées iraniennes s’étaient considérablement renforcées depuis le cessez-le-feu.
Une région toujours sous tension
Le conflit avait éclaté le 28 février après des frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Un cessez-le-feu conclu le 8 avril avait permis de suspendre les combats, sans toutefois déboucher sur un règlement politique durable.
La question de la sécurité dans le détroit d’Détroit d’Ormuz demeure particulièrement sensible, cette voie maritime représentant un passage stratégique pour une part importante des exportations mondiales de pétrole.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a réaffirmé lors d’un échange téléphonique avec Antonio Guterres l’engagement de Téhéran en faveur de la diplomatie, tout en dénonçant ce qu’il qualifie de « trahisons répétées » et « d’exigences excessives » de la part des États-Unis.
Selon l’agence IRNA, Abbas Araghchi s’est également entretenu avec ses homologues de Turquie, d’Irak, du Qatar et d’Oman.
Parallèlement, Donald Trump s’est entretenu avec l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani, qui a exprimé son soutien aux initiatives visant à privilégier le dialogue et les solutions diplomatiques pour contenir la crise.
