
L’Allemagne appelle l’Union européenne à revoir en profondeur sa politique d’élargissement ainsi que ses priorités budgétaires. Pour Gunther Krichbaum, ministre d’État chargé de l’Europe au ministère allemand des Affaires étrangères, le contexte géopolitique impose à l’UE d’adopter de nouvelles approches afin de mieux intégrer les pays candidats tout en adaptant ses financements aux défis actuels.
Le responsable allemand défend notamment la proposition du chancelier Friedrich Merz visant à instaurer un statut de « membre associé » pour l’Ukraine, la Moldavie et les pays des Balkans occidentaux – Albanie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Monténégro, Macédoine du Nord et Serbie.
Ce statut permettrait à ces États de participer davantage aux travaux des institutions européennes, notamment aux réunions du Parlement européen, sans pour autant disposer d’un droit de vote. Une formule qui, selon Berlin, offrirait un signal politique fort sans entraîner de coût supplémentaire pour l’Union.
« Ces pays appartiennent à nous, à l’Union européenne », affirme Gunther Krichbaum, estimant qu’une telle initiative renforcerait également le message adressé à des puissLe ministre allemand juge par ailleurs que la procédure d’adhésion actuelle n’est plus adaptée. Il compare le processus à une compétitionances comme la Russie ou la Chine quant à l’ancrage européen de ces États.
Rompre avec le modèle actuel d’adhésion
Le ministre allemand juge par ailleurs que la procédure d’adhésion actuelle n’est plus adaptée. Il compare le processus à une compétition de saut en hauteur dont la barre ne cesse d’être relevée à mesure que le droit européen s’enrichit.
Selon lui, l’« acquis communautaire » – l’ensemble des règles et obligations que doivent adopter les pays candidats – est devenu beaucoup plus complexe qu’il ne l’était lors des précédents élargissements, notamment en raison du renforcement des normes dans des domaines tels que l’environnement ou la protection des consommateurs.
Face à cette réalité, Gunther Krichbaum propose un système d’intégration progressive, organisé en plusieurs étapes. Il insiste toutefois sur le fait que ce mécanisme ne constituerait pas une alternative à l’adhésion complète, mais une voie permettant d’y parvenir plus efficacement.
Repenser les priorités budgétaires de l’Union
Au-delà de l’élargissement, Berlin souhaite également revoir les grandes orientations du futur budget européen pour la période 2028-2034. Alors que la Commission européenne propose un cadre financier de 1 700 milliards d’euros, l’Allemagne plaide pour une réduction de près de 400 milliards d’euros.
Pour Gunther Krichbaum, la question essentielle n’est pas uniquement le montant des dépenses, mais surtout leur répartition. Il estime que l’Union doit désormais privilégier les investissements dans la sécurité, la défense, la cybersécurité, l’intelligence artificielle, l’espace et la compétitivité économique.
À ses yeux, ces secteurs sont appelés à devenir les principaux moteurs de la prospérité européenne dans les prochaines décennies. Il suggère ainsi de revoir l’architecture budgétaire de l’Union en rapprochant les politiques agricole et de cohésion afin de laisser davantage de flexibilité aux États membres dans l’affectation des financements.
Enfin, le responsable allemand appelle les Vingt-Sept à conclure rapidement les négociations sur le prochain cadre financier pluriannuel. Selon lui, parvenir à un accord avant la fin de l’année permettrait d’éviter que les incertitudes politiques et économiques des prochaines années ne compliquent davantage les discussions.
