ONU : le soutien de Donald Trump à Gianni Infantino ne garantit pas son accession au poste de secrétaire général

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, figure parmi les personnalités évoquées pour succéder à António Guterres à la tête des Nations unies. Selon le New York Post, le président américain Donald Trump verrait d’un bon œil une candidature du dirigeant suisse-italien, qu’il juge capable de « rassembler les gens », citant notamment le succès de la Coupe du monde 2026.

À ce stade, ni Donald Trump ni Gianni Infantino n’ont confirmé une éventuelle candidature. Mais même si Washington décidait officiellement de soutenir le patron de la FIFA, celui-ci devrait franchir de nombreux obstacles diplomatiques avant d’espérer accéder au poste le plus élevé de l’ONU.

Un processus de désignation très encadré

Le secrétaire général des Nations unies est nommé par l’Assemblée générale des 193 États membres, sur recommandation du Conseil de sécurité. Dans les faits, la décision se joue d’abord au sein de ce Conseil composé de quinze membres, dont cinq permanents – les États-Unis, la Chine, la Russie, la France et le Royaume-Uni – qui disposent chacun d’un droit de veto.

Tout candidat doit être présenté par un ou plusieurs États membres, exposer publiquement sa vision pour l’organisation, puis se soumettre à une série de consultations informelles menées par le Conseil de sécurité. À l’issue de ce processus, un seul nom est recommandé à l’Assemblée générale.

Dans ce contexte, le soutien américain ne suffirait pas à lui seul. Gianni Infantino devrait également convaincre les autres membres permanents du Conseil de sécurité, dont chacun peut bloquer sa candidature.

Une concurrence déjà bien installée

Alors qu’António Guterres achèvera son second mandat à la fin de l’année, plusieurs personnalités sont déjà en lice pour lui succéder.

Parmi elles figurent notamment l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, l’actuel directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Mariano Grossi, l’ancien président sénégalais Macky Sall, ainsi que Rebeca Grynspan, María Fernanda Espinosa Garcés et Carolyn Rodrigues Birkett.

Les auditions des candidats sont en cours, tandis que le Conseil de sécurité devrait entamer ses consultations formelles dans les prochaines semaines. Aucun calendrier n’interdit toutefois la présentation tardive d’un nouveau candidat, ce qui laisserait encore la possibilité d’une éventuelle entrée en lice de Gianni Infantino.

Des obstacles politiques importants

Une candidature du président de la FIFA se heurterait néanmoins à plusieurs difficultés.

D’abord, une tradition non écrite de rotation géographique favorise généralement un candidat issu d’une autre région du monde que celle du secrétaire général sortant. Après le Portugais António Guterres, plusieurs États estiment qu’un dirigeant originaire d’une autre région devrait prendre la relève, ce qui réduirait les chances d’un candidat européen comme Gianni Infantino.

Par ailleurs, de nombreux pays militent pour qu’une femme dirige, pour la première fois, les Nations unies, les dix secrétaires généraux ayant jusqu’ici tous été des hommes.

Enfin, bien que la Charte de l’ONU n’impose pas une carrière diplomatique, les détracteurs d’Infantino pourraient mettre en avant son absence d’expérience au sein des institutions multilatérales ainsi que les controverses ayant marqué sa présidence de la FIFA, notamment sur les questions de gouvernance et de droits humains liées aux Coupes du monde organisées en Russie et au Qatar.

Ses partisans soulignent toutefois qu’il dirige l’une des plus importantes organisations internationales et qu’il a contribué à accroître l’influence mondiale du football.

À ce jour, ni les Nations unies, ni la FIFA, ni la Commission européenne n’ont souhaité commenter les informations faisant état d’une éventuelle candidature de Gianni Infantino.

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