
Les universités finlandaises de sciences appliquées enregistrent une forte chute des candidatures d’étudiants étrangers, sur fond de durcissement des conditions d’accueil et de perspectives d’emploi jugées moins favorables.
Cette année, un peu plus de 12 000 candidatures internationales ont été enregistrées, contre environ 60 000 deux ans plus tôt.
Une baisse spectaculaire dans plusieurs établissements
Certaines universités sont particulièrement touchées. Haaga-Helia University of Applied Sciences n’a reçu qu’environ 1 200 candidatures provenant de l’étranger, contre 25 000 en 2023.
À Centria University of Applied Sciences, à Kokkola, le nombre de candidatures est passé de 13 000 à seulement 1 000.
Pour le recteur de Centria, Tapio Huttula, cette chute s’explique notamment par les difficultés rencontrées par les étudiants étrangers pour accéder au marché du travail finlandais.
« Ils ont besoin de travailler pour survivre », a-t-il expliqué au radiodiffuseur public Yle, soulignant que de nombreuses familles investissent des sommes importantes dans les études de leurs enfants et attendent en retour qu’ils puissent trouver un emploi et subvenir à leurs besoins.
Des règles migratoires plus strictes
Cette évolution intervient alors que la Finlande a renforcé les conditions applicables aux étudiants originaires de pays situés hors de l’Union européenne.
Les autorités ont notamment durci les règles concernant les revenus minimums exigés, le regroupement familial et l’accès à certaines prestations sociales. Les étudiants étrangers bénéficiant de l’aide sociale de base peuvent également être confrontés au retrait de leur titre de séjour.
Ces mesures s’inscrivent dans un contexte plus large de contrôle de l’immigration étudiante, alors que certains pays d’origine, notamment le Bangladesh, l’Inde et la Chine, cherchent parallèlement à limiter le départ de leurs étudiants afin de réduire le risque de « fuite des cerveaux ».
Un enjeu financier pour les établissements
La chute des candidatures internationales constitue également une préoccupation économique pour les universités finlandaises de sciences appliquées.
Les étudiants étrangers soumis à des frais de scolarité représentent en effet une source de revenus importante pour ces établissements. Une diminution aussi marquée des inscriptions pourrait donc peser sur leurs finances.
Pour Tapio Huttula, cette baisse peut toutefois avoir un aspect positif si elle permet aux établissements d’accueillir davantage d’étudiants ayant de réelles perspectives de réussite et d’insertion professionnelle.
« C’est une bonne chose si ceux qui viennent sont en mesure d’obtenir leur diplôme », estime-t-il.
Entre durcissement des politiques migratoires, difficultés d’insertion professionnelle et enjeux financiers pour les établissements, la Finlande fait désormais face à un nouveau défi : rester attractive pour les étudiants internationaux tout en maîtrisant les conditions de leur accueil.
