Bruxelles : les associations alertent sur la suppression de 1 000 places d’hébergement

Les associations bruxelloises d’aide aux personnes sans-abri tirent la sonnette d’alarme face à la suppression annoncée d’un millier de places d’hébergement. Cette réduction représente environ un quart des quelque 4 000 places actuellement disponibles dans la capitale et fait craindre une aggravation rapide de la situation des personnes sans solution de logement.

Les chiffres communiqués par les organisations illustrent déjà la pression qui pèse sur le dispositif. En juillet, avant même les fermetures annoncées, le Samusocial a dû refuser l’hébergement à 244 des 299 familles ayant sollicité une prise en charge, soit plus de quatre demandes sur cinq. Le nombre de refus a ainsi progressé de 83,5 % par rapport au mois précédent.

Parmi les personnes concernées figuraient 238 enfants, dont 65 bébés âgés de moins de deux ans et 15 nourrissons de moins de six mois.

Plus de 1 500 personnes sur liste d’attente

La situation est également préoccupante du côté de BelRefugees, qui fait état de 1 555 personnes actuellement inscrites sur une liste d’attente.

Son centre Amran, qui accueillait 66 mineurs non accompagnés et jeunes adultes, a fermé ses portes le 1er août. Cette fermeture a également entraîné la perte d’emploi d’une vingtaine de travailleurs.

Au Samusocial, les familles avec enfants en bas âge représentent actuellement près de 40 % des personnes auxquelles une place ne peut être proposée.

Si le plan de réduction des capacités est maintenu, seules 200 places resteraient disponibles pour les hommes isolés à partir du 1er octobre.

Des centaines d’emplois également menacés

Au-delà des conséquences humanitaires, les associations alertent sur les répercussions sociales et professionnelles de ces fermetures. L’AMA estime que la suppression des 1 000 places pourrait menacer plusieurs centaines d’emplois, tandis que des licenciements et le recours à des plans sociaux sont redoutés.

Les organisations craignent également un effet domino sur l’ensemble du dispositif d’aide sociale : services de rue, maisons d’accueil, CPAS, hôpitaux et services de santé mentale pourraient être davantage sollicités.

Selon elles, les personnes privées d’hébergement pourraient être contraintes de passer plusieurs semaines dans la rue, dans les stations de métro ou encore dans les parcs.

La crainte de nouveaux campements

Les associations redoutent également l’apparition de nouveaux campements et une aggravation de la situation dans l’espace public. Elles dénoncent une réduction des capacités qu’elles considèrent comme un véritable « choix de société ».

Elles demandent donc aux autorités de maintenir les places et les emplois concernés et, à défaut, de reporter les fermetures jusqu’au 31 mars. Ce délai permettrait, selon elles, de traverser la période hivernale et d’organiser une concertation plus approfondie avec les pouvoirs publics.

Les organisations soulignent également le risque économique d’une telle décision : fermer des structures aujourd’hui pour être contraint de les rouvrir en urgence durant l’hiver pourrait finalement coûter plus cher que leur maintien.

Le nombre de personnes sans-abri en hausse

La situation bruxelloise s’est déjà fortement dégradée ces dernières années. En 2024, 9 777 personnes sans chez-soi avaient été recensées dans la capitale, soit une progression de 25 % par rapport à 2022. Parmi elles, environ 1 000 dormaient effectivement dans la rue.

Les associations craignent que ce chiffre puisse doubler si les fermetures annoncées sont pleinement mises en œuvre.

Un nouveau dénombrement des personnes sans-abri est prévu en octobre. Il devrait permettre de mesurer plus précisément l’impact de la crise actuelle et des réductions de capacités d’hébergement sur la situation sociale dans la capitale belge.

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