Burkina Faso : l’économie reste largement portée par l’informel

Le Recensement général des entreprises (RGE) 2024 de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) met en lumière la place prépondérante du secteur informel dans l’économie burkinabè. Sur les 389 172 unités économiques recensées à travers le pays, 96,5 % évoluent dans l’informel, contre seulement 3,5 % dans le secteur formel.

Cette réalité se retrouve dans les activités qui rythment le quotidien des villes et des campagnes : petits commerces, ateliers de couture, garages, restaurants, activités artisanales ou encore services de proximité. Pour une grande partie de la population, l’entrepreneuriat constitue avant tout un moyen de générer des revenus et de faire face au manque d’emplois salariés.

Le commerce en tête des activités

Le commerce domine largement le paysage entrepreneurial burkinabè. Il représente 52,7 % des unités économiques recensées. Les activités de fabrication arrivent en deuxième position avec 17,9 %, suivies de l’hébergement et de la restauration, qui regroupent 13,4 % des unités.

Au total, le secteur tertiaire concentre 80,4 % des activités économiques recensées, confirmant le poids des petits commerces et des services dans l’économie nationale.

L’artisanat occupe également une place importante. Le recensement dénombre 177 566 unités artisanales, soit 45,6 % de l’ensemble des unités économiques. La production et la transformation représentent 65,4 % de ces activités, tandis que les services artisanaux comptent pour 33,8 %.

Derrière ces chiffres se trouvent notamment des menuisiers, mécaniciens, couturiers, soudeurs, coiffeurs, réparateurs ou encore des acteurs de la transformation agroalimentaire.

Un tissu entrepreneurial peu structuré

Le recensement révèle toutefois une forte prédominance des très petites structures. 97,9 % des entreprises sont des entreprises individuelles, contre seulement 1,8 % pour les SARL et 0,2 % pour les sociétés anonymes.

La faible formalisation constitue également un enjeu majeur. Selon les données de l’INSD, 91,4 % des unités économiques ne disposent pas d’un numéro IFU, tandis que 92 % ne sont pas affiliées à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).

La taille des entreprises apparaît comme un facteur déterminant. L’informalité concerne 98,3 % des microentreprises et 87,2 % des petites entreprises. Même chez les moyennes entreprises, plus structurées, le taux atteint encore 52,6 %. À l’inverse, les grandes entreprises recensées sont toutes enregistrées dans le secteur formel.

Un potentiel économique à mieux accompagner

Les résultats du RGE 2024 dessinent ainsi le portrait d’une économie burkinabè fortement animée par l’initiative privée, mais dont l’essentiel demeure en dehors des circuits formels.

L’enjeu pour les pouvoirs publics consiste désormais à accompagner progressivement ces petites activités vers davantage de structuration, de financement, de protection sociale et de productivité.

Car derrière les 96,5 % d’unités informelles, ce sont des centaines de milliers d’entrepreneurs qui font vivre des ménages, créent des emplois et participent quotidiennement à l’activité économique du Burkina Faso. La transformation de ce potentiel en entreprises plus solides et durables apparaît ainsi comme l’un des défis majeurs du développement économique du pays.

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