Fusillades liées au narcotrafic à Bruxelles : 40 policiers fédéraux et 20 caméras mobiles en renfort

Face à la multiplication des fusillades liées au trafic de drogue dans plusieurs communes bruxelloises, les autorités ont décidé de renforcer le dispositif de sécurité. Une réunion réunissant le fédéral, la Région, les communes, la police et le parquet a débouché sur plusieurs mesures destinées à mieux coordonner la lutte contre le narcotrafic.

La réponse politique aux violences liées au trafic de stupéfiants a pris la forme d’une vaste réunion de coordination. Autour de la table : les différents niveaux de pouvoir, les responsables communaux, les forces de police et le parquet.

Pour le ministre-président bruxellois, Boris Dilliès, l’un des premiers objectifs était de parvenir à une action commune.

« La première mesure, c’était d’abord qu’on convienne de travailler ensemble », a-t-il expliqué.

Une volonté également affichée par le ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin, qui parle désormais d’une « urgence nationale ». Selon lui, cette qualification doit permettre de mobiliser l’ensemble des acteurs et de faire converger les efforts face à la situation sécuritaire.

Pour Jean Spinette, bourgmestre de Saint-Gilles, cette concertation marque un changement de méthode. Il estime que la réunion a permis de dépasser les divisions politiques habituelles au profit d’une véritable coordination entre les différents responsables.

40 policiers fédéraux supplémentaires

Parmi les mesures annoncées figure le déploiement de 40 policiers fédéraux supplémentaires à Bruxelles.

À ce renfort humain s’ajoutera l’installation de 20 caméras mobiles, destinées notamment à renforcer la surveillance des zones confrontées aux violences liées au trafic de drogue.

La police locale doit également revoir son organisation afin de mieux répondre à la menace.

À Bruxelles-Ville, le bourgmestre Philippe Close a notamment annoncé le regroupement des unités spécialisées dans la lutte contre les bandes criminelles.

Environ 170 policiers lourdement équipés et spécialement entraînés, comprenant notamment des enquêteurs, seront placés sous un commandement commun. L’objectif est de renforcer la capacité opérationnelle et de donner davantage de cohérence à l’action des forces de sécurité.

Tous les niveaux de pouvoir appelés à agir

Pour Bernard Quintin, le renforcement du dispositif policier ne peut toutefois constituer une réponse suffisante à lui seul. Le ministre de l’Intérieur appelle chaque niveau de pouvoir à prendre ses responsabilités et à accélérer les procédures lorsqu’elles sont susceptibles de ralentir les mesures de sécurité.

Il cite notamment les difficultés rencontrées pour installer certaines caméras de surveillance, entre procédures administratives et contraintes liées à l’aménagement urbain.

Dans le contexte actuel, le gouvernement fédéral estime que les impératifs de sécurité doivent être considérés comme prioritaires.

Pas de promesse de « zéro fusillade »

Les autorités se montrent néanmoins prudentes quant aux résultats immédiats de ces mesures.

Boris Dilliès refuse notamment de promettre la disparition des fusillades dans la capitale.

Pour le ministre-président bruxellois, une telle promesse serait irréaliste et « démagogique ». L’objectif est plutôt de faire travailler ensemble les différents acteurs afin d’améliorer la prévention, la surveillance et la réponse aux violences liées au narcotrafic.

Les décisions annoncées constituent désormais une première réponse politique à la recrudescence des violences. Reste le principal défi : mesurer leur efficacité concrète sur le terrain et déterminer si le renforcement des moyens permettra effectivement de faire reculer les fusillades dans les communes bruxelloises les plus touchées.

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