
La France s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa lutte contre l’ultra-fast fashion. À partir de mardi, des pénalités financières seront appliquées à certains produits commercialisés par des plateformes comme Shein, Temu et AliExpress, selon des informations rapportées par la chaîne française RMC-BFM.
Cette mesure découle d’une loi visant à encadrer l’industrie de la mode à bas coût, adoptée cet été. Elle concernera les produits répondant aux critères de l’ultra-fast fashion, déterminés notamment à partir d’un score environnemental prenant en compte le volume de références commercialisées ainsi que leur niveau de réparabilité.
Des pénalités variables selon les vêtements
Le dispositif prévoit, dans un premier temps, une pénalité de 0,50 euro pour les sous-vêtements, 6 euros pour une chemise, 9 euros pour un jean et 12 euros pour une veste.
Les montants doivent progressivement augmenter pour atteindre, à l’horizon 2030, 2 euros pour les sous-vêtements, 8,25 euros pour une chemise, 17,25 euros pour un jean et 19,50 euros pour une veste.
La pénalité ne pourra toutefois pas dépasser 50 % du prix de vente du produit concerné.
Shein particulièrement concerné
Le dispositif vise les marques qui commercialisent plus de 16 000 références par saison dans cinq catégories de produits. Avec plus de 1,7 million de références mises sur le marché chaque année, Shein entre directement dans le champ des critères retenus par les autorités françaises, même si la marque n’est pas explicitement citée dans le texte de loi.
À l’inverse, les enseignes traditionnelles de la fast fashion, notamment Primark, Zara, Uniqlo et H&M, ne devraient pas être concernées par ces pénalités selon les critères actuellement établis.
Les consommateurs pourraient être concernés
Les pénalités seront directement appliquées aux entreprises. Celles-ci resteront libres de décider si elles souhaitent absorber le coût supplémentaire ou le répercuter sur leurs clients.
Une hausse du prix des articles ou l’ajout de frais spécifiques au moment du paiement pourraient ainsi être envisagés par les plateformes concernées.
Cette nouvelle mesure intervient quelques semaines après l’instauration, en juillet, d’une taxe française sur les petits colis, également destinée à encadrer l’essor des plateformes de commerce en ligne proposant des produits à très bas prix.
