
Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) lance un nouveau programme dédié à la recherche sur la fission nucléaire. Financé dans le cadre de France 2030 et opéré par l’Agence nationale de la recherche (ANR), le dispositif sera déployé sur la période 2026-2031 avec une enveloppe de 18 millions d’euros.
Le CNRS veut donner un nouvel élan à la recherche française dans le domaine de la fission nucléaire. L’organisme a annoncé vendredi la mise en place d’un programme destiné à soutenir la recherche en amont, les infrastructures expérimentales ainsi que la formation de jeunes chercheurs spécialisés dans le secteur nucléaire.
Financé par l’État dans le cadre de France 2030 et opéré par l’ANR, ce dispositif doit permettre de consolider les connaissances scientifiques nécessaires au développement des technologies de fission, aussi bien actuelles que futures.
18 millions d’euros pour la recherche et les infrastructures
L’enveloppe annoncée s’élève à 18 millions d’euros sur six ans. Selon le CNRS, la moitié de cette somme sera consacrée aux ressources humaines, notamment à travers le financement de contrats doctoraux et postdoctoraux.
L’autre moitié sera destinée aux équipements scientifiques et aux infrastructures de recherche. Parmi les installations concernées figurent notamment des accélérateurs de particules, des réacteurs expérimentaux et des laboratoires spécialisés en radiochimie.
L’objectif est de renforcer les capacités de recherche nécessaires à l’amélioration des performances et de la sûreté des installations nucléaires existantes, tout en préparant l’émergence de nouvelles technologies de fission.
Une recherche à la croisée du fondamental et de l’appliqué
Le programme s’appuiera sur une approche dite de « recherche amont », située à l’interface entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée.
Les travaux devront notamment permettre de mieux maîtriser les technologies nucléaires, d’optimiser la gestion des matières et des déchets radioactifs et d’accompagner la conception de réacteurs innovants.
Plusieurs disciplines scientifiques seront mobilisées, parmi lesquelles la physique nucléaire, la chimie, la radiochimie, la science des matériaux, la thermodynamique et la modélisation numérique.
Renforcer la souveraineté scientifique française
À travers ce programme, le CNRS entend également contribuer au renforcement de la souveraineté scientifique et technologique de la France dans le domaine nucléaire.
L’organisme souhaite ainsi maintenir la recherche française parmi les acteurs majeurs à l’échelle internationale dans le domaine de la fission, en misant à la fois sur le renouvellement des compétences et sur le développement des moyens expérimentaux.
Rattaché au plan France 2030, ce programme s’inscrit dans une stratégie plus large d’investissement dans les secteurs considérés comme stratégiques. Doté au total de 54 milliards d’euros, France 2030 vise notamment à soutenir l’innovation, de la recherche fondamentale jusqu’à l’industrialisation.
Entre 2026 et 2031, les financements seront progressivement consacrés aux ressources humaines, aux équipements et aux infrastructures scientifiques. Le CNRS entend ainsi préparer les bases scientifiques nécessaires au développement des technologies de fission nucléaire actuelles et futures.
