Afrique du Sud : le procès pour corruption de Jacob Zuma et Thales confirmé par la justice

Un tribunal sud-africain a validé jeudi la tenue du procès pour corruption opposant l’ancien président Jacob Zuma au groupe français Thales, mettant ainsi fin à une série de tentatives de report dans cette affaire de longue date liée à un contrat d’armement controversé.

Le dossier remonte à un contrat d’environ 2 milliards de dollars signé dans les années 1990 portant sur l’achat d’avions de chasse, de patrouilleurs et d’équipements militaires auprès de plusieurs entreprises européennes, dont Thales (anciennement Thomson-CSF). À l’époque, Jacob Zuma était vice-président et est soupçonné d’avoir perçu des pots-de-vin en échange de protections accordées au groupe français face à une enquête.

Surnommée par certains observateurs l’affaire du « Stop Stalingrad » en raison des nombreux recours judiciaires visant à retarder la procédure, l’affaire a été marquée par des contestations répétées, des récusations de magistrats et des débats sur la conduite du ministère public.

Le juge Nkosinathi Chili, de la Haute Cour de Pietermaritzburg, a estimé que « l’intérêt de la justice » imposait la tenue du procès, avertissant qu’un nouveau report risquerait de « discréditer l’administration de la justice ».

Jacob Zuma, âgé de 84 ans, ainsi que Thales sont poursuivis pour fraude, corruption et racket. Les deux parties rejettent les accusations.

Président de l’Afrique du Sud de 2009 à 2018, Zuma a quitté ses fonctions sous la pression de son parti, l’ANC, en raison de multiples affaires de corruption. En 2021, il avait été condamné à 15 mois de prison pour outrage à la justice après avoir refusé de témoigner devant une commission d’enquête. Son incarcération avait ensuite déclenché de violentes émeutes ayant fait plus de 350 morts.

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