
Le président du CD&V, Sammy Mahdi, a publiquement pris ses distances avec plusieurs mesures budgétaires que le Parlement fédéral belge doit voter ce jeudi, estimant qu’elles risquent d’affaiblir le pouvoir d’achat des travailleurs et des pensionnés.
Au cœur des critiques figure le plafonnement de l’indexation automatique des salaires au-delà de 4.000 euros bruts mensuels. Le projet prévoit également une limitation similaire pour certaines allocations sociales et pensions dépassant 2.000 euros bruts.
Invité de l’émission matinale de bel RTL, Sammy Mahdi a reconnu que ces dispositions figuraient dans l’accord gouvernemental conclu lors de la formation de la majorité. Il a toutefois rappelé que les partenaires sociaux devaient encore pouvoir examiner des alternatives au mécanisme retenu.
Selon le dirigeant chrétien-démocrate, syndicats et employeurs auraient proposé une formule plus équilibrée, susceptible de mieux protéger le pouvoir d’achat tout en restant soutenable sur le plan budgétaire.
« Oui, je regrette »
Sammy Mahdi a assumé son désaccord avec la ligne actuellement défendue par le gouvernement, affirmant qu’un salarié percevant 4.500 euros bruts subirait concrètement une perte de pouvoir d’achat.
« Oui, je regrette », a déclaré le président du CD&V, estimant qu’il était « étrange » que l’exécutif refuse d’examiner davantage les propositions alternatives avancées par les interlocuteurs sociaux.
Le responsable politique a également insisté sur la pression fiscale déjà importante supportée par les ménages belges, rappelant que son parti défend depuis le début de la législature une politique visant à mieux valoriser le travail.
Des tensions persistantes au sein de la majorité
Malgré ses critiques, Sammy Mahdi a reconnu que le gouvernement avait parfois tenu compte des revendications syndicales sur d’autres dossiers, notamment dans le cadre de la réforme des pensions.
Il a cité en exemple certaines adaptations concernant la prise en compte des périodes de maladie ou de chômage technique.
Cette prise de position met néanmoins en lumière les tensions persistantes au sein de la majorité gouvernementale belge autour des questions de pouvoir d’achat et d’économies budgétaires, dans un contexte économique marqué par l’inflation et les débats sur la protection des revenus des ménages.
