Kenya : forte mobilisation à Nairobi contre la montée des féminicides et violences faites aux femmes

Des centaines de personnes ont manifesté lundi dans les rues de Nairobi pour dénoncer la recrudescence des féminicides, des violences faites aux femmes, ainsi que la multiplication des disparitions et meurtres d’enfants.

Cette mobilisation intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par l’émotion suscitée par le meurtre brutal d’une chanteuse locale, retrouvée brûlée vive après avoir été aspergée d’essence. Un crime qui a ravivé l’indignation dans le pays.

Brandissant des pancartes appelant à « arrêter de tuer les femmes », les manifestants ont dénoncé l’inaction des autorités et ce qu’ils considèrent comme des réponses insuffisantes face à une violence devenue systémique. Plusieurs voix ont également réclamé que le féminicide et les violences domestiques soient officiellement déclarés crise nationale afin de mobiliser des moyens exceptionnels.

Selon les autorités, la majorité des cas de violences signalés au Kenya surviennent dans des contextes domestiques, notamment des conflits conjugaux ou des agressions sexuelles. Face à la situation, la police a annoncé récemment la création d’une unité spécialisée composée d’enquêteurs criminels, de médecins légistes et d’analystes du renseignement.

Les organisations de défense des droits des femmes alertent toutefois sur l’ampleur du phénomène. La Federation of Women Lawyers in Kenya indique traiter environ 70 cas de violences basées sur le genre chaque semaine dans ses bureaux de Nairobi, Mombasa et Kisumu, soulignant une pression croissante sur les structures d’assistance.

Déjà le 21 mai, plusieurs organisations de la société civile avaient lancé un ultimatum de 40 jours au gouvernement pour agir, faute de quoi des mobilisations plus larges sont annoncées à l’échelle nationale. Dans les cortèges, des figures militantes comme Boniface Mwangi et Mwende Mutinda ont appelé à une réponse politique ferme, allant jusqu’à exiger des comptes des autorités en cas d’échec à protéger les femmes et les enfants.

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