
Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, António Guterres, a déclaré lundi qu’une présence de soldats de la paix resterait nécessaire au Liban au-delà de la fin du mandat actuel de la mission onusienne, prévue pour la fin de l’année, une position qui pourrait se heurter à l’opposition des États-Unis et d’Israël.
Selon un rapport transmis au Conseil de sécurité, António Guterres propose plusieurs options pour assurer la continuité d’une présence internationale, allant d’environ 2 000 à plus de 5 500 personnels déployés, chargés notamment de surveiller la situation sécuritaire et de soutenir les forces armées libanaises.
La mission concernée est la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), déployée depuis 1978 dans le sud du pays pour servir de zone tampon entre le Liban et Israël le long de la Ligne bleue, frontière de facto entre les deux pays.
Le Conseil de sécurité avait décidé, sous pression notamment des États-Unis, de mettre fin au mandat de la FINUL au 31 décembre 2026, tout en demandant au secrétaire général de proposer des scénarios alternatifs pour maintenir une forme de présence onusienne dans la région.
Les options envisagées visent à poursuivre la surveillance de la Ligne bleue, longue d’environ 120 kilomètres, et à soutenir les efforts de stabilisation en coordination avec les forces armées libanaises. Guterres souligne qu’une présence en uniforme de l’ONU reste essentielle pour faciliter la désescalade, le dialogue et la stabilité à long terme.
Le débat intervient dans un contexte de fortes tensions au sud du Liban, où les affrontements entre Israël et le Hezbollah se poursuivent. Certains pays membres du Conseil de sécurité, dont la Chine et la Russie, plaident pour le maintien ou le remplacement de la mission afin d’éviter un vide sécuritaire.
De leur côté, les États-Unis et Israël soutiennent la décision de mettre fin au mandat de la FINUL, estimant que son efficacité est limitée. Washington a également réduit certaines contributions financières aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, fragilisant davantage ces missions à l’échelle mondiale.
Plusieurs acteurs libanais estiment au contraire qu’une présence internationale demeure nécessaire pour garantir la stabilité, soutenir les institutions locales et accompagner un éventuel processus de désengagement militaire dans le sud du pays.
