
Les départs de migrants irréguliers depuis le Sénégal vers les îles Canaries ont enregistré une nette diminution en 2025, selon les données présentées par le Centre de collecte et d’analyse des données sur la migration (CCADM), relevant du Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière. Cette tendance s’accompagne également d’une baisse importante du nombre de décès recensés sur les routes migratoires.
Lors d’un atelier national consacré à l’élaboration de messages stratégiques contre la migration irrégulière et à la promotion des opportunités locales, le secrétaire permanent du CILMI, Modou Diagne, a indiqué que le nombre de Sénégalais arrivés aux Canary Islands est passé de 9 554 en 2024 à 4 918 en 2025.
Selon les chiffres communiqués, les pertes en vies humaines sur les différentes routes migratoires ont également reculé. Le nombre de décès enregistrés est passé de 10 457 en 2024 à 3 090 en 2025.
Les autorités attribuent cette évolution au renforcement des contrôles aux frontières et à l’intensification de la surveillance maritime. Le dispositif opérationnel associant la Police nationale, la Gendarmerie nationale et la Marine nationale a permis l’interpellation de 6 662 migrants au cours de l’année, dont 3 983 étrangers.
Dans le cadre de la lutte contre les réseaux de migration clandestine, 309 convoyeurs présumés ont été déférés devant les juridictions compétentes, tandis que 63 embarcations ont été saisies par les forces de sécurité.
Malgré ces résultats, les responsables du CILMI estiment que le phénomène demeure préoccupant. Ils considèrent que la persistance des tentatives de départ souligne la nécessité de renforcer les réponses économiques et sociales destinées à s’attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière.
Réunis autour du thème « Jeunesse, opportunités et migration : quels messages pour un avenir au Sénégal ? », les participants ont insisté sur l’importance d’intensifier les campagnes de sensibilisation, de créer davantage d’opportunités pour les jeunes et de consolider la coopération internationale.
Prenant part aux échanges, Nathalie Brayard Vom Stein, cheffe de la coopération à la délégation de l’European Union au Sénégal, a indiqué que la future campagne de communication mettra l’accent à la fois sur les risques liés à la migration irrégulière et sur la valorisation des réussites locales. Elle a notamment plaidé pour le renforcement des perspectives d’études, d’emploi et d’entrepreneuriat offertes à la jeunesse sénégalaise, affirmant que celle-ci constitue « une force à accompagner » pour le développement du pays.
