Le Royaume-Uni intercepte un pétrolier de la « flotte fantôme » russe dans la Manche

Les autorités britanniques ont annoncé dimanche avoir mené une opération inédite contre un pétrolier lié à la « flotte fantôme » russe, un réseau de navires accusés de contourner les sanctions occidentales imposées à Moscou depuis le début de la guerre en Ukraine.

L’intervention s’est déroulée dans la Manche durant la nuit. Des commandos de la Royal Marine, appuyés par des agents spécialisés de l’Agence nationale contre la criminalité, ont pris d’assaut le pétrolier Smyrtos après avoir été déposés depuis un hélicoptère. L’opération, qui a duré près de six heures, a mobilisé d’importants moyens militaires, notamment des hélicoptères Chinook, Merlin Mk4 et Wildcat, ainsi qu’un avion de patrouille maritime.

La frégate HMS Sutherland et le chasseur de mines HMS Ledbury ont également participé à la mission.

Selon le ministère britannique de la Défense, il s’agit de la première opération de ce type menée par le Royaume-Uni contre un navire soupçonné d’aider la Russie à contourner les restrictions internationales. Le pétrolier a été placé sous surveillance et transféré vers une zone de mouillage au large des côtes du sud de l’Angleterre.

Cette action a été saluée par le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiga, qui a estimé que chaque navire immobilisé prive Moscou d’une partie des revenus utilisés pour financer ses opérations militaires en Ukraine.

Le ministre britannique de la Défense, Dan Jarvis, a déclaré que cette intervention portait un coup significatif aux ressources financières de la Russie. Il a également précisé que l’opération avait été coordonnée étroitement avec les autorités françaises.

Depuis le début du conflit en Ukraine en 2022, Londres a sanctionné des centaines de navires considérés comme appartenant à la flotte fantôme russe. Ces bâtiments, souvent des pétroliers vieillissants aux structures de propriété opaques, sont utilisés pour exporter du pétrole malgré les sanctions occidentales.

Les autorités britanniques accusent également certains de ces navires d’être impliqués dans des actes de sabotage visant des infrastructures sous-marines stratégiques, notamment des câbles de télécommunications et des lignes électriques en mer Baltique.

Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a salué une opération qui, selon lui, démontre que les réseaux soutenant l’effort de guerre russe ne peuvent plus agir en toute impunité.

Cette interception intervient dans un contexte de préoccupations croissantes en Europe concernant les activités russes en mer Baltique et dans l’Atlantique Nord. Plusieurs pays européens, dont la France, la Belgique et la Finlande, ont récemment renforcé leurs actions contre les navires soupçonnés de contourner les sanctions.

Alors que les membres de l’OTAN augmentent progressivement leurs dépenses de défense face aux menaces perçues de Moscou, cette opération illustre la volonté des alliés occidentaux de durcir davantage la pression économique et sécuritaire sur la Russie.

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