
Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, a reçu, vendredi 3 juillet, une délégation d’Article 19 Afrique de l’Ouest conduite par son directeur régional, Alfred Bulakali Nkuru. Cette première rencontre de prise de contact a servi de cadre à des échanges sur plusieurs réformes touchant aux droits et libertés au Sénégal.
À cette occasion, l’organisation internationale spécialisée dans la promotion de la liberté d’expression et de l’accès à l’information a présenté au nouveau ministre ses principales préoccupations ainsi que plusieurs propositions de réformes destinées à renforcer l’État de droit.
Article 19 a notamment plaidé pour une révision de certaines dispositions du Code pénal relatives aux libertés publiques, la dépénalisation des délits de presse, une actualisation des textes encadrant les réunions et manifestations publiques, ainsi qu’une approche participative dans l’élaboration des futures réglementations sur les réseaux sociaux.
Les échanges ont également porté sur les recommandations adressées au Sénégal dans le cadre de l’Examen périodique universel (EPU) des Nations unies. Les discussions ont concerné, entre autres, la protection des libertés individuelles, la réduction du recours à la détention préventive dans les affaires liées aux libertés fondamentales, le renforcement de la lutte contre les violences faites aux femmes et une meilleure participation des femmes et des jeunes à la vie publique.
Le Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (PGO) a aussi figuré parmi les principaux sujets abordés. Les deux parties ont insisté sur la nécessité de renforcer la gouvernance de cette initiative, d’accélérer l’exécution du troisième Plan d’action national et de rendre effective l’application de la loi sur l’accès à l’information. Elles ont notamment évoqué l’installation de la Commission nationale d’accès à l’information, la sensibilisation des citoyens aux nouvelles dispositions ainsi que la formation des acteurs concernés.
En réaction, Me Moussa Sarr a salué les contributions formulées par Article 19, estimant qu’elles constituent un apport utile aux réformes en cours. Il a réaffirmé la volonté du ministère de conduire la modernisation de la justice dans un esprit de dialogue et de concertation avec les organisations de la société civile.
Au terme de cette rencontre, les deux parties ont convenu de maintenir un cadre d’échanges régulier afin d’accompagner les réformes relatives à la justice, à la transparence, à la bonne gouvernance et à la protection des droits fondamentaux.
