
Plus d’une centaine de Nigérians ont été secourus après avoir passé près de six mois aux mains de groupes armés. Les victimes avaient été enlevées le 3 février dernier, lors d’une attaque menée contre la communauté de Woro, dans l’État de Kwara, au centre du Nigeria.
Les survivants racontent des conditions de détention particulièrement éprouvantes, marquées par les privations, la famine et, pour certaines femmes, des mariages forcés avec leurs ravisseurs.
Des otages toujours retenus
L’opération de libération a été conduite par les forces de sécurité nigérianes. Plusieurs dizaines de personnes ont ainsi retrouvé la liberté, mais le sort de nombreux autres otages reste incertain.
Selon Amira Salihu, une professionnelle de santé qui figure parmi les victimes, une douzaine de personnes seraient toujours retenues, dont une jeune fille et plusieurs femmes. Certaines auraient choisi de rester auprès de leurs ravisseurs, tandis que d’autres y seraient contraintes.
Les chiffres communiqués par les responsables locaux restent toutefois difficiles à établir avec précision.
Des enfants seraient morts en captivité
Umar Bio Salihu, chef de la communauté de Woro, estime qu’environ 153 personnes ont été retrouvées. Il affirme également que plusieurs enfants seraient morts durant leur captivité.
« On nous a dit que des enfants, pour la plupart au nombre de 13, sont morts en captivité », rapporte-t-il, évoquant également une dizaine de personnes toujours retenues contre leur gré.
Les survivants ont été placés sous surveillance médicale après leur libération. La communauté de Woro espère désormais pouvoir les accueillir officiellement et les réunir avec leurs familles dans les prochains jours.
Une communauté entre soulagement et inquiétude
Le retour des otages constitue un immense soulagement pour les habitants de Woro. Mais la joie reste mêlée à l’inquiétude pour ceux qui ne sont toujours pas revenus et aux interrogations sur le sort des personnes décédées en captivité.
« La communauté est très heureuse en ce moment », a déclaré Umar Bio Salihu, précisant que les familles attendaient avec impatience de retrouver leurs proches.
Les enlèvements de masse, un fléau persistant
Au Nigeria, les enlèvements collectifs restent un phénomène récurrent. Des groupes armés ciblent régulièrement des villages et des communautés isolées, prenant des dizaines, voire des centaines de personnes en otage.
Les victimes sont souvent libérées après le paiement de rançons, dont certaines seraient prises en charge ou facilitées par les autorités publiques. Cette pratique alimente régulièrement les critiques d’une partie de la population, qui reproche aux pouvoirs publics leur incapacité à mettre durablement fin aux activités des ravisseurs.
La libération des otages de Woro constitue donc un soulagement pour leurs familles, mais la persistance des enlèvements rappelle l’ampleur du défi sécuritaire auquel le Nigeria reste confronté.
