Smolensk : Varsovie réduit ses démarches pour récupérer l’épave de l’avion présidentiel

La Pologne a fortement réduit ses démarches diplomatiques auprès de la Russie pour obtenir la restitution de l’épave de l’avion présidentiel qui s’était écrasé près de Smolensk en 2010, selon les médias polonais.

La catastrophe avait coûté la vie aux 96 personnes à bord, parmi lesquelles le président polonais Lech Kaczyński, son épouse Maria, ainsi que de nombreux hauts responsables civils et militaires.

Depuis l’arrivée au pouvoir de la coalition dirigée par Donald Tusk en décembre 2023, Varsovie n’aurait adressé à Moscou qu’une seule note diplomatique concernant la restitution de l’épave. Transmise au premier trimestre 2024, cette demande serait restée sans réponse.

La démarche contraste avec la période 2019-2023, lorsque le précédent gouvernement du parti Droit et Justice (PiS) avait envoyé huit notes diplomatiques. La Russie n’en avait répondu qu’à une seule, maintenant que l’épave constituait toujours une pièce à conviction de son enquête pénale et ne pouvait donc être remise à la Pologne.

Une enquête toujours marquée par le contentieux

Le parquet national polonais affirme également que Moscou a refusé à plusieurs reprises de restituer l’épave et les enregistreurs de vol, tant que son enquête n’était pas achevée. Plusieurs demandes polonaises d’entraide judiciaire seraient elles aussi restées sans réponse ou auraient été rejetées.

La situation de l’épave est aujourd’hui incertaine. Selon l’ambassadeur de Pologne à Moscou, Krzysztof Krajewski, les représentants polonais ne sont désormais plus autorisés à accéder à la zone de la base aérienne de Smolensk Nord où l’appareil était auparavant conservé.

Les relations entre les deux pays se sont considérablement dégradées depuis le début de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine en février 2022.

En 2011, une commission gouvernementale polonaise avait conclu que l’avion était descendu sous l’altitude minimale autorisée alors que les conditions météorologiques ne permettaient pas aux pilotes d’avoir un contact visuel avec le sol, et que la décision d’interrompre l’atterrissage avait été prise trop tard.

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