
L’exécution du budget de l’État du Sénégal en 2025 s’inscrit dans une trajectoire de consolidation budgétaire marquée par une hausse des recettes et une maîtrise des dépenses. Selon le ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération, cette dynamique a permis de réduire significativement le déficit budgétaire, passé de 13,7 % à 6,2 % du PIB.
D’après le rapport intitulé « Sénégal : développements économiques récents et perspectives », cette amélioration s’explique principalement par une mobilisation accrue des recettes fiscales, conjuguée à une baisse des transferts et des investissements publics. Une orientation qui reflète un effort de rationalisation des finances publiques dans un environnement économique contraint.
Malgré ces avancées, certaines fragilités persistent. Le document met en avant l’augmentation des charges liées au service de la dette, conséquence directe de la stratégie d’endettement, ainsi que le poids toujours important des subventions, qui réduit les marges budgétaires de l’État.
Sur le plan monétaire, la masse monétaire a connu une forte progression, atteignant 13,3 % à fin décembre 2025, contre 3,9 % un an plus tôt. Cette évolution est principalement portée par la hausse des avoirs extérieurs nets, traduisant une amélioration des équilibres extérieurs.
Dans le même temps, les crédits à l’économie ont enregistré une croissance de 8,4 % en rythme annuel, soutenue par une activité bancaire dynamique, en dépit d’une présence accrue de l’État sur le marché régional de la dette.
Au sein de l’UEMOA, le recours au marché des titres publics s’est intensifié. En 2025, les levées de fonds ont atteint 11 859 milliards de FCFA, en hausse de 45,9 % par rapport à l’année précédente. Le Sénégal a contribué à hauteur de 2 225 milliards de FCFA, soit une progression notable de 122,8 % sur un an.
Cette tendance s’inscrit dans une stratégie de diversification des sources de financement, dans un contexte de raréfaction des ressources extérieures. Les obligations du Trésor dominent les émissions, représentant 65,6 %, contre 34,5 % pour les bons du Trésor. Le rapport souligne également une participation accrue d’investisseurs non-résidents, notamment des banques ivoiriennes, signe de l’attractivité croissante du marché régional.
Sur les marchés internationaux, les conditions de financement se sont quelque peu améliorées au second semestre 2025, avec une baisse des rendements. Toutefois, certains eurobonds sénégalais, en particulier ceux arrivant à échéance en 2028, restent à des niveaux élevés, reflétant les incertitudes budgétaires et l’absence de programme avec le FMI.
Dans ce contexte, le marché régional apparaît comme un levier clé pour répondre aux besoins de financement à court terme, d’autant que les fondamentaux macroéconomiques de l’UEMOA demeurent globalement solides.
Au final, l’économie sénégalaise affiche en 2025 une croissance soutenue, portée notamment par le secteur extractif, ainsi qu’une amélioration des équilibres extérieurs et une consolidation progressive des finances publiques. Des défis structurels subsistent néanmoins, notamment la faiblesse de la croissance hors hydrocarbures, l’augmentation des besoins de financement et des conditions d’accès encore restrictives aux marchés internationaux.
Face à ces enjeux, les autorités appellent à poursuivre les efforts de discipline budgétaire, à élargir la base des investisseurs et à accélérer les réformes structurelles afin de garantir la soutenabilité macroéconomique et favoriser une croissance plus inclusive.
