
Le ministre rwandais de la Santé, Sabin Nsanzimana, a exprimé son inquiétude face à la propagation de l’épidémie d’Ebola qui touche actuellement la République démocratique du Congo et l’Ouganda. Il a qualifié de « surprise » l’ampleur prise par la maladie depuis son annonce officielle à la mi-mai, pointant des insuffisances dans les mécanismes de surveillance épidémiologique.
Selon lui, l’une des principales préoccupations réside dans le nombre important de cas recensés en peu de temps, laissant penser que la circulation du virus n’a pas été détectée suffisamment tôt par les systèmes de veille sanitaire.
L’épidémie a déjà causé près de 200 décès dans les deux pays voisins. Si certaines régions enregistrent des progrès dans la lutte contre la maladie, la situation demeure préoccupante dans plusieurs zones affectées, notamment en Ituri, considérée comme l’épicentre de la flambée actuelle.
Le ministre rwandais a toutefois souligné des signes encourageants en Ouganda, où aucun nouveau cas n’aurait été signalé depuis une dizaine de jours. Des améliorations seraient également observées dans certaines provinces congolaises, même si de nouvelles contaminations continuent d’être enregistrées quotidiennement dans les foyers les plus actifs.
Bien qu’aucun cas n’ait été détecté au Rwanda, les autorités restent en état d’alerte. La proximité géographique avec les zones touchées ainsi que l’intensité des échanges transfrontaliers alimentent les inquiétudes de Kigali quant à un éventuel risque d’importation du virus.
« Plus le virus reste présent à nos frontières, plus cela affecte nos économies et nos activités quotidiennes », a déclaré Sabin Nsanzimana, évoquant notamment les mouvements de personnes et les liaisons aériennes régionales.
L’épidémie actuelle est attribuée à la souche Bundibugyo du virus Ebola. À ce jour, aucun vaccin ni traitement spécifiquement approuvé contre cette variante n’est disponible, ce qui complique davantage les efforts de riposte sanitaire dans les zones affectées.
Les autorités sanitaires de la région poursuivent leurs opérations de surveillance, de dépistage et de sensibilisation afin de limiter la propagation du virus et d’éviter son extension à d’autres pays d’Afrique de l’Est et des Grands Lacs.
