
En marge du sommet de l’OTAN à Ankara, la Belgique a annoncé une série d’investissements majeurs dans le domaine de la défense. Le ministre belge de la Défense, Theo Francken, a notamment présenté l’acquisition de dix systèmes de défense aérienne Nasams, un contrat estimé à plus de 3,1 milliards d’euros, qu’il qualifie de « plus important achat militaire » de la législature.
Réalisé en coopération avec les Pays-Bas, ce programme vise à renforcer les capacités de défense aérienne belges face à l’évolution des menaces, notamment les missiles balistiques, les armes hypersoniques et les drones.
Les systèmes Nasams, produits par le groupe norvégien Kongsberg, utilisent des missiles américains Amraam. Toutefois, les autorités belges affichent leur volonté de soutenir le développement d’une future production européenne de ces missiles.
Selon le directeur national de l’armement, Bernard Phaleg, le premier système devrait entrer en service dès l’année prochaine, tandis que les autres seront progressivement déployés jusqu’en 2032. Leur mise en œuvre nécessitera le recrutement de 1 000 à 1 500 militaires et permettra la reconstitution de la 9e Wing de la Force aérienne belge.
Une stratégie fondée sur la coopération européenne
Outre ce contrat, la Belgique a signé plusieurs accords de coopération avec ses partenaires de l’OTAN. Le pays participera notamment au financement d’une flotte de dix avions de surveillance GlobalEye du constructeur suédois Saab, destinés à remplacer les avions Awacs actuellement en service.
La Belgique contribuera également à l’acquisition d’un dixième avion ravitailleur Airbus A330 dans le cadre de la Multinational MRTT Unit (MMU), un programme de mutualisation entre plusieurs États membres.
Par ailleurs, sept pays de l’Alliance, dont la Belgique, ont signé une lettre d’intention pour constituer une flotte commune d’Airbus A400M destinée au transport stratégique de matériels militaires. Bruxelles entend mettre à profit son expérience acquise grâce à la flotte déjà exploitée conjointement avec le Luxembourg.
Les accords conclus portent également sur le développement de capacités communes de lutte contre les drones longue portée, le renforcement des systèmes de surveillance aérienne passive ainsi que le lancement d’un programme international destiné à sécuriser l’approvisionnement en matières premières stratégiques pour l’industrie de la défense.
Un signal adressé aux alliés
Pour les autorités belges, ces investissements traduisent la volonté de renforcer les capacités militaires du pays et de répondre aux nouveaux objectifs fixés par l’OTAN en matière de dépenses de défense.
Ces annonces interviennent dans un contexte marqué par les critiques récurrentes du président américain Donald Trump envers plusieurs alliés européens, qu’il accuse de ne pas consacrer suffisamment de ressources à leur défense.
Lors du sommet, Donald Trump a notamment réitéré ses reproches à l’Alliance atlantique, évoquant les différends liés au Groenland, à l’Iran ainsi qu’au niveau des dépenses militaires de certains pays membres, en particulier l’Espagne.
De son côté, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a défendu les efforts entrepris par les alliés européens pour accroître leurs investissements militaires, tout en réaffirmant l’importance de maintenir le soutien à l’Ukraine face au conflit en cours.
