
À deux jours de l’élection présidentielle et législative en Zambie, le président sortant Hakainde Hichilema a tenu mardi un important meeting à Lusaka, rassemblant des dizaines de milliers de sympathisants. À la recherche d’un second mandat, le chef de l’État tente de convaincre les électeurs encore indécis, alors que son principal adversaire dénonce un climat politique de plus en plus tendu.
Vêtus de rouge, couleur de l’United Party for National Development (UPND), les partisans de Hichilema ont massivement répondu présent dans le sud de la capitale. Élu en 2021 après six tentatives infructueuses, le président de 64 ans met notamment en avant son bilan économique et certaines réformes sociales, dont la gratuité de l’éducation.
Le coût de la vie au cœur des préoccupations
Malgré les avancées revendiquées par le pouvoir, le quotidien des Zambiens reste marqué par la hausse du coût de la vie et le chômage, estimé à près de 10 % par l’agence nationale de statistiques.
Le gouvernement peut notamment se prévaloir de la sortie de la Zambie de sa crise de la dette, après le défaut de paiement enregistré en 2020, ainsi que d’un retour à la croissance, attendue autour de 5 % en 2026.
Mais ces performances macroéconomiques peinent encore à convaincre une partie de la population. Pour de nombreux électeurs, l’amélioration des indicateurs économiques ne s’est pas suffisamment traduite par une amélioration de leurs conditions de vie.
Hichilema met en garde contre un retour de l’opposition
Lors de son meeting, Hakainde Hichilema a appelé les électeurs à ne pas renouer avec les pratiques qu’il attribue à l’ancien pouvoir. Il a notamment évoqué les violences et les problèmes de sécurité qui avaient marqué le précédent mandat.
Le président sortant s’appuie également sur certaines mesures populaires, notamment dans le secteur de l’éducation.
« Nous allons reconduire HH à la présidence à cause de l’éducation gratuite », témoigne Anna Chewa, une commerçante de 29 ans, citée par l’AFP.
Mundubile dénonce des enlèvements et des arrestations
Face à Hichilema, Brian Mundubile, 55 ans, mène une coalition de plusieurs formations d’opposition. Ancien ministre sous le président Edgar Lungu, il tente de s’imposer dans une campagne électorale où son entrée en lice a été relativement tardive.
Mardi, le candidat a accusé les autorités d’avoir procédé à des arrestations et enlèvements à caractère politique. Il affirme notamment être sans nouvelles de trois membres de l’opposition.
« Cette élection ne doit pas se dérouler dans la peur », a-t-il déclaré, estimant particulièrement préoccupant le calendrier de ces événements, intervenus à quelques heures du scrutin.
Plusieurs rassemblements de l’opposition ont par ailleurs été marqués par des affrontements avec les forces de l’ordre, certaines manifestations ayant été dispersées à l’aide de gaz lacrymogènes.
La police promet la neutralité
Le chef de la police, Graphel Musamba, rejette toutefois l’idée d’une campagne marquée par une répression généralisée. Il estime que le processus électoral s’est déroulé globalement dans le calme, évoquant seulement « quelques incidents isolés ».
À la veille du scrutin, les autorités policières assurent également vouloir maintenir une position non partisane.
Un duel Hichilema-Mundubile en perspective
Treize candidats sont officiellement engagés dans la course à la présidentielle, mais le scrutin devrait principalement opposer Hakainde Hichilema à Brian Mundubile.
Pour le président sortant, l’enjeu est de confirmer son ancrage après cinq années au pouvoir. Pour l’opposition, il s’agit de transformer le mécontentement lié au coût de la vie en dynamique électorale.
À deux jours du vote, l’économie, l’emploi, la sécurité et surtout les conditions de déroulement du scrutin s’imposent ainsi comme les principaux enjeux d’une élection qui s’annonce particulièrement suivie.
