
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a qualifié mercredi d’« inacceptables » les nouvelles sanctions américaines visant des responsables de la Cour pénale internationale (CPI) et appelé Washington à les lever.
Les mesures concernent notamment la présidente de la CPI, Tomoko Akane, ainsi que Abdoulaye Seye, haut responsable juridique sénégalais au sein du bureau du procureur. Elles prévoient notamment le gel d’éventuels avoirs aux États-Unis et des restrictions d’accès au système financier américain.
Ces sanctions s’inscrivent dans le cadre des mesures prises par l’administration de Donald Trump contre la CPI en février 2025. Washington reproche à la Cour d’avoir engagé des procédures visant des ressortissants de pays qui ne reconnaissent pas sa compétence, notamment dans le dossier concernant des dirigeants israéliens.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio accuse ainsi la CPI d’être « politisée », de dépasser son mandat et de menacer la souveraineté des États-Unis et de leurs alliés. Washington et Israël, qui ne sont pas parties au Statut de Rome, contestent la compétence de la Cour.
La CPI a pour sa part dénoncé de « flagrantes attaques » contre son indépendance judiciaire. Elle souligne que neuf de ses 18 juges, ses deux procureurs adjoints, son ancien procureur ainsi qu’un membre de son personnel sont désormais visés par des sanctions américaines.
Le Haut-Commissaire de l’ONU a appelé les États à défendre les institutions chargées de protéger les droits humains et l’État de droit, ainsi qu’à protéger les responsables de la CPI concernés.
Au niveau européen, le président du Conseil européen Antonio Costa et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont également exprimé leur solidarité avec la Cour et ses responsables.
