Jean-Noël Barrot veut accélérer le rattrapage de l’Europe dans l’intelligence artificielle

Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a reconnu jeudi que l’Europe avait accumulé du retard dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA), tout en estimant que la situation pouvait encore être inversée. Selon lui, « le match n’est pas joué » et l’Union européenne dispose des moyens nécessaires pour renforcer sa position dans cette course technologique mondiale.

S’exprimant lors de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF), organisée au stade Roland-Garros à Paris, le chef de la diplomatie française a plaidé pour la mise en place d’une véritable « discipline de l’IA ». Celle-ci reposerait notamment sur l’évaluation des modèles avant leur déploiement, leur surveillance une fois mis en service et la déclaration des incidents.

« L’intelligence artificielle doit elle aussi avoir à rendre des comptes », a affirmé Jean-Noël Barrot, tout en insistant sur la nécessité de ne pas adopter une réglementation susceptible de freiner l’innovation ou de retarder l’utilisation de ces technologies dans l’économie et la société.

Une surveillance renforcée des systèmes d’IA

Pour le ministre français, l’objectif est avant tout de mieux prévenir les risques liés à des systèmes d’intelligence artificielle toujours plus autonomes. Il propose notamment de renforcer la coopération entre les États afin de faciliter le partage d’informations sur les incidents.

Cette approche devrait, selon lui, s’appuyer sur quatre principes : évaluer les systèmes avant leur déploiement, les surveiller après leur mise en service, signaler les incidents et renforcer l’échange d’informations entre les différents pays.

Jean-Noël Barrot a notamment fait référence à de récents incidents impliquant des modèles développés par Anthropic et OpenAI. Ces événements, selon lui, montrent la nécessité de mettre en place des mécanismes de contrôle plus efficaces à mesure que les capacités des systèmes d’IA progressent.

Le ministre français défend ainsi une position qu’il présente comme une alternative à une IA « livrée à elle-même et sans garde-fous », mais aussi à une technologie soumise à une forme de censure. Il plaide pour une « troisième voie », fondée sur une intelligence artificielle respectueuse de la diversité culturelle, des personnes et de l’environnement.

L’Europe appelée à renforcer sa souveraineté technologique

Au-delà de la question de la régulation, Jean-Noël Barrot a insisté sur la nécessité pour l’Europe de renforcer ses propres capacités technologiques. Il reconnaît que l’Union accuse un retard face aux États-Unis et à la Chine, mais refuse l’idée d’une défaite annoncée.

« Il faut tordre le cou à cette idée parce que la messe n’est pas dite et le match n’est pas joué », a-t-il déclaré, estimant qu’il n’existait aucune fatalité à voir les bénéfices économiques de l’IA captés par quelques grandes entreprises étrangères.

Le ministre a ainsi appelé les Européens à faire preuve de « courage » et à investir davantage dans leurs capacités technologiques afin de préserver leur souveraineté dans un secteur devenu stratégique.

Pour Jean-Noël Barrot, le retard européen dans l’intelligence artificielle reste donc rattrapable, à condition que l’Union transforme sa prise de conscience en actions concrètes et mobilise rapidement les moyens nécessaires pour renforcer son industrie et son autonomie technologique.

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