
Deux parlementaires démocrates de la Chambre des représentants américaine ont demandé au président Donald Trump de préserver l’ensemble de ses échanges avec les outils d’intelligence artificielle, après des informations faisant état d’une éventuelle consultation du chatbot Grok concernant une opération militaire américaine au Venezuela.
La demande a été formulée dans une lettre adressée au président américain par Robert Garcia et Jamie Raskin, respectivement responsables démocrates des commissions de surveillance et des affaires judiciaires de la Chambre des représentants. Les deux élus souhaitent que les conversations entre Donald Trump, les membres de son administration et les systèmes d’intelligence artificielle soient conservées.
Cette initiative intervient après des informations selon lesquelles le président américain aurait sollicité les conseils de Grok, un assistant conversationnel développé par l’entreprise d’Elon Musk, propriétaire du réseau social X. Les circonstances précises de cette utilisation et la nature des échanges concernés sont au centre des préoccupations exprimées par les parlementaires.
Dans leur correspondance, Robert Garcia et Jamie Raskin soulignent que les échanges avec les outils d’intelligence artificielle pourraient relever des archives présidentielles. Ils estiment que les demandes formulées par le président et les réponses générées par ces systèmes doivent être conservées conformément au Presidential Records Act, la législation américaine relative à la préservation des documents présidentiels.
Les deux représentants ont également évoqué les controverses précédemment associées à Grok, notamment concernant certains contenus générés par le système. Ils demandent par ailleurs l’organisation d’une audition à huis clos consacrée à l’utilisation de ces technologies par Donald Trump et aux règles appliquées par la Maison-Blanche en matière de conservation, de sécurisation et de suivi des échanges numériques.
Les parlementaires ont notamment fait référence à une frappe contre une école primaire à Minab, en Iran, le 28 février, qui aurait fait environ 175 morts, parmi lesquels une majorité de jeunes écolières âgées de 12 ans ou moins. Ils ont soulevé la question de l’éventuelle utilisation de conseils erronés produits par une intelligence artificielle dans le cadre de décisions militaires.
Cette démarche ouvre un débat sur la place croissante des outils d’intelligence artificielle dans les décisions gouvernementales et sur les obligations de transparence entourant leur utilisation par les plus hautes autorités de l’État américain.
