Vers un retour de la Turquie dans le programme F-35 ? Ankara espère obtenir six avions de combat américains

La Turquie espère obtenir prochainement la livraison de six avions de combat F-35, dans le cadre d’un éventuel assouplissement des sanctions américaines décidé par le président Donald Trump, selon des responsables turcs cités par Bloomberg.

Cette première livraison serait inférieure aux quelque quarante appareils réclamés par Ankara ces dernières années, mais constituerait un tournant majeur dans les relations entre les deux alliés de l’OTAN.

La question a été évoquée à l’occasion de la rencontre entre Donald Trump et le président turc Recep Tayyip Erdoğan, en marge du sommet de l’Alliance atlantique à Ankara. À l’issue de leurs échanges, le président américain s’est dit favorable à une levée des restrictions imposées à l’industrie de défense turque.

Selon les mêmes sources, la Turquie avait déjà versé environ 1,4 milliard de dollars pour six F-35, actuellement stockés aux États-Unis depuis son exclusion du programme. Si les sanctions étaient levées, ces appareils pourraient être livrés rapidement.

Le dossier sensible des missiles russes S-400

L’exclusion d’Ankara du programme F-35 remonte à l’acquisition, par la Turquie, du système de défense antiaérienne russe S-400. Washington estimait que l’utilisation simultanée de ce système et des F-35 risquait de compromettre les technologies sensibles de l’avion furtif.

Les États-Unis continuent de demander le retrait du S-400 comme condition d’un retour de la Turquie dans le programme. Ankara chercherait toutefois un compromis permettant de conserver ce système tout en accordant aux États-Unis un droit de supervision technique afin de dissiper les inquiétudes liées à la sécurité.

Des réticences chez certains alliés

Une éventuelle reprise des livraisons de F-35 à la Turquie suscite des réserves chez plusieurs alliés de Washington, notamment Israël et la Grèce, qui suivent avec attention le renforcement des capacités militaires turques.

Israël demeure, à ce jour, le seul pays du Moyen-Orient à disposer de ces avions de cinquième génération. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a récemment réaffirmé son opposition à une vente de F-35 à Ankara.

Malgré ces réticences, plusieurs parlementaires américains présents au sommet de l’OTAN se sont montrés ouverts à un retour de la Turquie dans le programme, à condition qu’une solution satisfaisante soit trouvée concernant le système S-400.

Ankara poursuit la modernisation de sa défense

Parallèlement, la Turquie accélère le développement de son bouclier aérien national, baptisé « Steel Dome ». Ce projet prévoit notamment l’acquisition de nouveaux systèmes de défense, dont le système franco-italien SAMP/T, pour lequel Ankara cherche à obtenir l’accord de ses partenaires européens.

Les autorités turques estiment que la guerre en Ukraine ainsi que les tensions persistantes au Moyen-Orient renforcent le rôle stratégique de la Turquie au sein de l’OTAN et plaident pour une coopération plus étroite avec les industries de défense américaine et européenne.

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